vendredi 7 juillet 2017

Glacier

Découvrir le parc national de Glacier

3 étoiles, vaut le voyage



Sites présentés dans cet article


Glacier National Park



Two Medicine Lake
source J.M. Zaninetti, 2010


Ambiance : Jupiter - Gustav Holst, 1917

John Muir a écrit en 1901 du parc national de Glacier qu'il offrait les plus beaux paysages pour tuer les soucis de tout le continent. "Plus jamais le temps ne vous semblera long ou court et le souci ne pèsera plus jamais lourdement sur vous, mais gentiment et doucement, comme un don du Ciel".


Nul ne dispute depuis le titre de "Couronne du Continent" attribué en 1908 au parc national de Glacier étendu à son petit frère du nord, la Réserve de parc national du Canada des Lacs Waterton au sein du Parc International de la Paix "Waterton - Glacier".



Tandis que le parc national du Canada ne couvre que 505 km², le parc national de Glacier aux États-Unis s'étend sur 4,660 km², la dimension d'un département français.

Glacier National Park est unique aux États-Unis.  Sa géologie, son relief, sa flore et sa faune n'ont pas d'équivalent dans aucun autre parc national de ce vaste pays. Il ne ressemble en rien au parcs de Yellowstone et de Grand Teton, ni à celui de Rocky Mountain avec lesquels il partage pourtant des caractères bioclimatiques communs. Il est aussi totalement différent des parcs nationaux du Nord-Ouest Pacifique, North Cascades, Mt Rainier et Olympic que je décrirai ultérieurement.
Il partage par contre des caractères communs avec plusieurs parcs du Canada, et sa position frontalière explique que de nombreux visiteurs internationaux visitent Glacier dans le cadre d'un voyage de découverte dans les Rocheuses Canadiennes.

Que ce soit en provenance du Canada ou dans un circuit de découverte des parcs nationaux du Nord-Ouest des États-Unis, il faut visiter Glacier National Park et lui consacrer le temps qu'il mérite.


Comprendre le parc national de Glacier


Glacier est un parc de montagne, les altitudes s'étagent de 960 mètres au minimum à l'angle nord-ouest du parc où la Flathead River franchit la frontière Canadienne à un maximum de 3,192 m au Mt Cleveland, point culminant de la chaîne de montagne Lewis Range qui traverse la partie orientale du parc... La ligne de partage des eaux continentales traverse le parc du nord au sud en suivant la ligne de crête de la Lewis Range. Le point le plus remarquable du parc national de Glacier est le Triple Divide Peak (2,444m). ce point, unique sur le continent américain, se trouve à la jointure exacte des lignes de partage des eaux qui s'écoulent vers l'Océan Pacifique à l'ouest par le bassin versant de la Columbia River, le Golfe du Mexique au sud-est par le bassin versant du Missouri et du Mississippi et la Baie d'Hudson au nord-est par le bassin versant de la Saskatchewan River. Le Triple Divide Peak surplombe la rive sud du lac St Mary. Il est difficile à observer car il se trouve en retrait au fond d'un cirque et est entouré par des sommets plus imposants qui s'avancent en surplomb du lac. On aperçoit la ligne de crête aride dont il fait partie depuis le sommet du col du Logan Pass (alt. 2,025 m.).



source J.M. Zaninetti, 2010 

  La géologie du parc est remarquable. La plupart des roches visibles en surface sont d'origine sédimentaire. Ce sont des sédiments qui se sont déposés dans des mers épicontinentales durant la période Précambrienne sur une période de temps qui s'étend de 1,600 millions à 800 millions d'années avant notre ère. Elles sont donc beaucoup plus anciennes que les sédiments que l'on peut voir par exemple dans le Grand Canyon du Colorado. On trouve des roches plus anciennes dans la gorge intérieure du Grand Canyon, mais celles-ci ont été métamorphisées sous l'effet de la pression et de la chaleur après avoir été ensevelies à grande profondeur sous des milliers de mètres de sédiments plus récents. Ce qui est assez unique à Glacier, c'est que les roches sédimentaires Précambriennes sont restées dans leur état initial. L'environnement était très différent à cette époque. Aux côtés de calcaire et de dolomite, on trouve des roches rares, notamment des quartzites, des marnes (siltite) vertes à grain fin et dur et des argilites rouges dont la couleur saute aux yeux. Vieilles de plus de 1,400 millions d'années, les argilites se sont formées à faible profondeur lorsque l'oxygène a commencé à apparaître dans les océans, entraînant l'oxydation du fer qui a donné sa couleur à ces argiles. Ceux-ci ont été compressés pour former une roche dure et imperméable, très résistante à l'érosion.

Ces sédiments très anciens préservent des fossiles que l'on peut rarement observer ailleurs. On y trouve notamment des stromatolithes vieilles de plus de 1,300 millions d'années.



source J.M. Zaninetti, 2010 
 
Les stromatolithes sont des roches calcaires formées par des récifs d'anciennes colonies de cyanobactéries vivant à très faible profondeur sous la surface des mers. Les stromatolithes sont une des formes de vie les plus anciennes que l'on connaisse sur la Terre, puisqu'on a retrouvé des fossiles vieux de 3,500 millions d'années dans l'ouest de l'Australie. Celles de Glacier sont des jeunesses en comparaison. Il y a toujours des stromatolithes vivants à travers le monde aujourd'hui.

Une autre particularité du parc, est la stratigraphie inversée du parc. Les géologues ont observé que les couches sédimentaires formées au Précambrien formaient les sommets du parc tandis que les sédiments récents déposés au Crétacé, il y a moins de 100 millions d'années se retrouvent sous les précédentes.

L'orogenèse Laramienne a provoqué un chevauchement majeur. Des couches sédimentaires épaisses de plusieurs kilomètres ont été soulevées et déplacées vers l'est sur une distance de plus de 80 km, c'est le Chevauchement de Lewis (Lewis Overthrust). Le processus a duré environ 100 millions d'années (entre 170 et 70 millions d'années), ce qui ne fait jamais qu'une vitesse moyenne de 0,8 mm/an... Cette faille remarquable est pratiquement horizontale. Les couches sédimentaires qui forment les sommets du parc ont été très légèrement plissées, formant un vaste synclinal, mais vu du sol, les lits de roche semblent presque horizontaux.





Source: blogs.agu.org

Situé à l'angle nord-est du parc national américain, Chief Mountain (alt. 2,515 m.) est une montagne sacrée du peuple Blackfeet. En termes géologiques, c'est un klippe, une butte-témoin, vestige de l'extension ancienne du Chevauchement de Lewis. Cette butte de dolomite très résistante a survécu à des millions d'années d'érosion qui ont déblayé les autres couches sédimentaires précambriennes et surplombe désormais de près de 1,000 mètres les prairies environnantes comme un sommet isolé, visible de très loin, ce qui lui a valu son caractère sacré.


Chief Mountain
source J.M. Zaninetti, 2010 
 
La géologie du parc national de Glacier n'a aucun équivalent ni ailleurs aux États-Unis, ni en Europe, mais se retrouve au Canada. En effet, le Chevauchement de Lewis s'étend sur près de 580 km du nord au sud entre le parc national de Banff au Canada et celui de Glacier aux États-Unis.

Le parc national ne doit pas son nom à l'étendue de ses glaciers actuels. Bien qu'ils étaient beaucoup plus étendus en 1910 qu'ils ne le sont maintenant, les 150 petits glaciers recensés en 1910 sont nés durant le Petit Age Glaciaire à partir du 16e siècle de notre ère. Cent ans après, il ne reste plus que 25 petites accumulations de neiges éternelles dans le parc, et les experts se disputent pour savoir si tous ces glaciers auront disparu dès 2020 ou seulement en 2030. S'il ne célèbre donc pas l'abondance actuelle de glaciers, le nom du parc fait référence au rôle décisif des grandes glaciations Quaternaires dans le modelé des formes de relief actuelles du parc. Les cirques, les vallées au profil en auge (U-shaped valleys) et les nombreux lacs, tout nous rappelle que, comme les Alpes en France, les montagnes du Lewis Range ont été sculptées par les glaciers. Contrairement aux Alpes Françaises, les grands glaciers du quaternaire avaient entièrement fondu dans le parc national de Glacier 10,000 ans avant notre ère.

L'écologie du parc international de Glacier-Waterton est encore plus remarquable et lui a valu d'être classé en Réserve Mondiale de Biosphère en 1979 par l'UNESCO. Il a depuis accru sa reconnaissance internationale avec son inscription à l'inventaire du Patrimoine (naturel) Mondial de l'Humanité en 1995.

Les écosystèmes du parc sont d'une diversité surprenante du fait de facteurs environnementaux et d'une situation géographique singuliers. Le climat tempéré continental de montagne, l'altitude, les fortes pentes et l'exposition des versants sont des déterminants relativement homogènes dans toute l'étendue du parc. Deux masses d'air s'affrontent fréquemment sur les crêtes de la ligne de partage des eaux. Les masses d'air relativement chaudes et humides venues du sud-ouest en provenance de l'Océan Pacifique se heurtent aux masses d'air polaire continental froides et sèches qui descendent du Canada. Périodiquement, le vent d'ouest l'emporte et crée un effet de foehn sur le versant oriental du parc, c'est le vent de Chinook, caractéristique du front des Rocheuses du Montana et de l'Alberta qui provoque des variations de température très importantes et très rapides en hiver, et peut aussi attiser les incendies de forêt à la fin de l'été et au début de l'automne. Tandis que le versant oriental de la montagne est plutôt sec, le versant occidental est plus humide, car les masses d'air du Pacifique se déchargent de leur vapeur d'eau quand elles s'élèvent pour franchir les montagnes. On trouve donc une épaisse couverture forestière sur le versant occidental, avec une foret dense de conifères caractéristique de l'Ouest Américain. Certaines vallées abritent même des peuplements d'essences d'arbres qui pousse naturellement beaucoup plus à l'ouest dans les états riverains de la côte Pacifique. Un tel bois de cèdres rouges de l'Ouest (Western Red Cedars) est facilement accessibles le long de la route panoramique Going-to-the-Sun qui traverse le parc à la hauteur de l'Avalanche Creek Trailhead.


Trail of the Cedars
source J.M. Zaninetti, 2010 
 
Le Trail of the Cedars Nature Trail forme une boucle accessible de 1,6 km. aménagée avec un chemin de bois pour ne pas perturber le dense sous-bois humide de cette forêt atypique dans les Montagnes Rocheuses, mais très similaires à celles qui ornent le versant occidental de la Chaîne des Cascades dans l'état de Washington.

Le feu fait partie du cycle de vie naturel des forêts de conifères de l'Ouest Américain. Chaque été, une quinzaine de feux de forêts se déclarent en moyenne dans les limites du parc. Les années de sécheresse et de canicule aggravent toutefois la sévérité des feux de forêts. En 2003, les incendies ont réduit en cendre 13% de la superficie du parc, surtout dans la Flathead Valley sur le versant ouest du parc.
L'année 2015 a été une autre année catastrophique pour les feux de forêt dans le Nord-Ouest des États-Unis. Le Reynolds Creek Wildland Fire a contraint à évacuer la clientèle et les employés du Lodge Rising Motor Inn sur les rives du Lac St. Mary le 21 Juillet 2015. Le Lodge est resté fermé pour toute la saison. Trois autres incendies majeurs se sont déclarés cet été-là, dont deux étaient toujours actifs le 15 Septembre 2015 (Waterton Lake et Sheep Creek). Les deux incendies les plus dévastateurs ont frappé la rive du Lac St. Mary et le centre du parc qui a été touché par le Thompson Fire

L'été 2017 a de nouveau été désastreux. Les incendies qui ont éclaté fin-Août 2017 ont surtout ravagé le versant ouest du Continental Divide au-dessus du Lake McDonald, contraignant à l'évacuation des visiteurs. L'incendie Sprague Fire a détruit la structure historique du Sperry Chalet, un refuge d'altitude édifié en 1914 qui était classé monument historique. 

Sprague Fire vu le jour
source National Park Service (NPS), posté sur Flickr

Sprague Fire vu de nuit (31/08/2017)
source Wikipedia

Destruction du Sperry Chalet, 31/08/2017
Source Wikipedia

Les voyages ont de nouveau été perturbés par les incendies durant l'été 2018. Des incendies se sont déclaré le 11 Août 2018 dans le secteur du Lake McDonald, provoquant l'évacuation du lodge historique et la fermeture de la célèbre Going to the Sun Road depuis cette date. Cette fermeture est un coup dur pour le tourisme dans ce parc, qui dépend largement de cette route.

Ces incendies récurrents se traduisent par la fermeture au public des zones touchées. Il faut donc être vigilant quand on visite le parc, en particulier quand on projette une longue randonnée de plusieurs jours dans l'arrière-pays.


Le parc national de Glacier se situe à un carrefour d'influences diverses. Glacier est un mélange d'espèces animales et végétales caractéristiques de régions éloignées. C'est le seul point du continent où poussent côte à côte des essences végétales caractéristiques des prairies du centre du continent et des espèces maritimes venues des forêts humides du Nord-Ouest Pacifique. De même, des espèces boréales typiques du Canada côtoient d'autres espèces venues du sud des Rocheuses. L'étagement avec l'altitude de la forêt et des prairies vers la toundra subalpine contribuent à la diversité exceptionnelle du parc. Plus de 55 % du territoire du parc est boisé. Glacier abrite plus de 1,200 espèces de plantes différentes, 250 espèces d'oiseaux, 70 espèces de mammifères, 25 espèces natives de poisson.

 Tous les carnivores indigènes de l'Amérique du Nord survivent dans le parc national de Glacier, y compris des espèces très menacées comme le glouton (wolverine). Les loups du Canada sont revenus naturellement dans le parc en 1986 après avoir été exterminés dans les années 1930.


Canis Lupus
source J.M. Zaninetti, 2014
 
Près de 300 ours grizzly et 600 ours noirs peuplent le parc à longueur d'année.



ours grizzly 
source J.M. Zaninetti, 2014

Les visiteurs sont alertés qu'ils entrent sur le territoire de l'ours et doivent rester groupés quand ils randonnent dans l'arrière-pays et surtout garder leurs distances avec les plantigrades, ne pas laisser traîner de nourriture, ne pas les approcher intentionnellement et ne pas fuir à leur approche pour ne pas les exciter.

Aux côtés de l'ours et du loup, le cougar (mountain lion) et le lynx du Canada sont d'autres prédateurs présents dans le parc national. Vous avez très peu de chance de les apercevoir cependant, car ce sont des chasseurs nocturnes et très discrets, comme l'est le très rare glouton.


Cougar (Mountain Lion)
source J.M. Zaninetti, 2014 
 
NB. J'ai pris les photos animalières précédentes non pas dans le parc national de Glacier, mais au zoo sauvage de Saint-Félicien, que j'ai visité au Québec en août 2014. Comme le grizzly, le cougar n'est pas une espèce native de l'est de l'Amérique, mais ce zoo magnifique est dédié à la préservation de la faune des régions de climat tempéré boréal à hiver froid, dont les montagnes du Montana font partie. Le zoo sauvage de Saint-Félicien offre donc une des rares occasions de voir les grands mammifères prédateurs des Montagnes Rocheuses en semi liberté et en plein jour.

Le parc international de la paix Waterton-Glacier se distingue davantage de ses voisins canadiens du nord, Banff, Kootenay, Yoho et Jasper par sa biodiversité exceptionnelle que par son relief et sa géologie, assez similaires. Les grands parcs canadiens des Montagne Rocheuses présentent un écosystème plus uniformément boréal, donc plus pauvre en espèces que celui de Waterton-Glacier.

Comme celle de Yellowstone, la bonne santé écologique du parc international Waterton - Glacier dépend de la protection dont jouissent les régions environnantes. les deux parcs ne sont pas isolés, ils sont entourés d'un réseau d'aires protégées. Les forêts nationales Flathead (9,732 km²) et Lewis et Clark (7,542 km²), à l'ouest et au sud comportent un réseau étendu de zones de wilderness, dont le très vaste Bob Marshall Wilderness Complex immédiatement limitrophe du parc national de Glacier au sud du Marias Pass. Sur le flanc oriental, la réserve indienne Blackfeet est à sa façon un territoire naturel protégé.




Source: USGS

Côté Canadien, le parc provincial Akamina-Kishinena (109 km²) a été créé en 1995 dans le but de prolonger le parc international Waterton - Glacier sur le territoire de la province de Colombie Britannique. Mais ce parc est très restreint et le statut de protection du bassin de la Flathead River Valley dans les East Kootenays n'est pas jugé satisfaisant par les associations environnementales dans cette province en raison du voisinage de vastes mines de charbon à ciel ouvert. Ceux-ci militent pour la fermeture des mines et la création d'un vaste parc national et la création d'une zone tampon de gestion de la faune sauvage dans le but de créer un corridor écologique protégé en continu entre Glacier National Park aux États-Unis et le parc national de Banff dans les Rocheuses Canadiennes.





Source: Flathead.ca

La situation est plus satisfaisante côté Alberta, où le parc national des Lacs Waterton est aussi entouré d'un réseau d'aires protégées qui assurent la continuité écologique de ce côté.


Histoire du parc national de Glacier


Au 19e siècle, les montagnes comprises dans les limites du parc national de Glacier faisaient partie du territoire des indiens Blackfeet qui vivaient à l'est et Flathead qui vivaient à l'ouest et ne résidaient pas de manière permanente dans les montagnes, mais qui les fréquentaient comme territoire de chasse, pâturages et camps d'été. Ils n'ont guère laissé de trace sur le terrain, mais les Blackfeet revendiquent toujours un droit sur le parc national, qu'ils ont cédé au gouvernement fédéral en 1895. En 1889, la compagnie ferroviaire du Great Northern Railway a identifié l'itinéraire du Marias Pass comme l'un des plus facilement praticables pour franchir la ligne de partage des eaux continentales. En 1891, le train circule pour la première fois entre les gares de East Glacier et de West Glacier. La compagnie ferroviaire aperçut rapidement le potentiel commercial de la région. En 1895, le Canada institue le parc national des Lacs Waterton sur la frontière et le naturaliste George B. Grinnell fait campagne avec le soutien financier du Great Northern Railway pour pour faire protéger les montagnes situées entre la ligne de chemin de fer et la frontière. Le parc national de Glacier est institué en 1910 dès qu'il a été établi que les prospecteurs ne trouvaient aucune ressource minière de valeur dans ces roches sédimentaires particulières.
Dans un premier temps, la priorité est de mettre en tourisme ce beau massif montagneux. Pour attirer des passagers dans ses trains luxueux, la compagnie ferroviaire fait construire des chalets de style rustique alpestre entre 1910 et 1914 pour héberger une clientèle de visiteurs attirés par une réclame vantant la région comme "la Suisse de l'Amérique". Ces bâtiments historiques sont aujourd'hui inscrits sur le Registre National des Monuments Historiques.


La protection de la nature n'est pas considérée comme prioritaire, et les premiers gardes du parc n'hésitent pas à chasser et à exterminer cougars et loups, jugés alors comme des nuisibles. Glacier Parks Co., filiale de la compagnie ferroviaire, est créée pour assurer la gestion de cette entreprise en pleine expansion. Plus tard, il devient indispensable d'ouvrir le parc national à l'automobile. La construction de la route "Going-to-the-Sun" est entreprise en 1921 et achevée en 1932 avec le franchissement du col du Logan Pass, baptisé en l'honneur du premier surintendant du parc national. Le nom de la route vient d'une légende Blackfeet qui rapporte qu'un esprit enseigna autrefois l'art de la chasse au peuple Blackfeet avant de partir un soir vers le soleil pour ne jamais revenir.
En 1932, les gouvernements du Canada et des États-Unis d'Amérique scellent leur alliance en reliant les parcs nationaux des Lacs Waterton et de Glacier par la Chief Mt Hwy et en décrêtant leur association au sein du "International Peace Park Waterton - Glacier". Longue de 6,400 kilomètres de l'Atlantique au Pacifique, la frontière américano-canadienne est la plus longue frontière ouverte du monde. En vertu des accords qui lient les deux nations, il est aisé aux ressortissants des deux pays de circuler librement de part et d'autre de la frontière. Des facilités sont aussi accordées aux visiteurs européens qui veulent franchir cette frontière.



Visiter Glacier National Park


Vous ne pourrez avoir qu'un aperçu très rapide du parc national de Glacier si nous ne séjournez que 2 nuits et ne consacrez qu'une seule grande journée à la visite de ce parc national. Si vous n'avez pas le choix, vous devez consacrer cette unique journée à la traversée du parc par la route "Going-to-the-Sun". Longue de 85 km, cette route relie St Mary sur le versant oriental à Apgar sur le versant occidental en traversant tous les écosystèmes du parc et en franchissant la ligne de partage des eaux par le Logan Pass (2,025 m).
Dans ce cas, il n'est pas nécessaire de changer d'hébergement chaque nuit, un circuit à la journée consiste à consacrer le maximum de temps à la traversée de la Going-to-the-Sun Road puis à contourner rapidement le parc par le sud en empruntant la route nationale US-2 et le Marias Pass pour revenir à son camp de base.




Il est préférable de consacrer deux jours à cet itinéraire, comme nous l'avons fait en 2010, avec une journée consacrer à traverser le parc d'est en ouest par la Going-to-the-Sun Road et la journée du lendemain consacrée au Marias Pass et à la découverte du secteur des Two Medicine Lakes sur le versant oriental.

Dans l'idéal, il faut consacrer 3 ou 4 jours à la visite du frontcountry de Glacier National Park et donc y dormir 4 ou 5 nuits. Un randonneur devra résider sur place une semaine entière pour entreprendre quelques une des plus belles randonnées à la journée du parc, dans le secteur de Many Glacier ou le long de la Going-to-the-Sun Road.


Le programme de visite optimal proposé dans ce chapitre consiste à passer trois nuits sur le versant oriental du parc, soit à East Glacier, soit à St Mary, soit à Many Glacier. Deux journées sont nécessaires pour découvrir les merveilles du versant oriental du parc. Deux journées à l'est sont indispensables si l'on veut randonner dans le secteur de Many Glaciers.



Le versant occidental du parc national est moins fréquenté, il est pourtant très pittoresque, même s'il est moins spectaculaire, et son exploration mérite bien deux nuits à Apgar ou à West Glacier pour disposer d'une grande journée de visite.





Route du Soleil et Logan Pass

 

La Going-to-the-Sun Road est l'attraction principale du parc national de Glacier. très populaire, elle souffre un peu de son succès en Juillet et en Août. La route ouvre au public dès qu'il est possible de déblayer la neige accumulée pendant l'hiver et le printemps. En 2015, la route a été ouverte à la circulation entre le 19 juin et le 03 octobre. Ce calendrier est variable d'une année sur l'autre en fonction des variations météorologiques. En 2011, la route n'a pas été dégagée avant le 13 juillet après un hiver particulièrement rigoureux et un printemps exceptionnellement neigeux. Si elle ouvre le plus souvent entre le 15 juin et le 15 octobre, la route ferme parfois avec la première neige dès la mi-Septembre. Quand on planifie son voyage un an à l'avance, la date d'ouverture de la route est imprévisible. C'est pourquoi la plupart des 2,2 millions de visiteurs affluent en Juillet et en Août, et c'est alors un peu la bousculade...



source J.M. Zaninetti, 2010

  Je vais décrire l'itinéraire d'est en ouest. Je recommande de la parcourir dans ce sens pour deux raisons. Aller dans le même sens que le Soleil est conforme à la légende et idéal pour les photographes. Celui qui circule d'est en ouest sur la route du soleil est tout le temps du côté du rocher, tandis que celui qui circule dans le sens opposé est toujours du côté du ravin. Le plus important est de savoir que le sommet du Logan Pass se trouve à 29 km de St Mary sur le versant oriental, alors que Apgar est à 51 km sur le versant occidental. Le parking du centre de découverte situé au sommet du col n'est pas extensible. De nombreux visiteurs y stationnent le matin et partent effectuer des randonnées à la journée. Il devient difficile de trouver un emplacement libre entre 10h et 16h en haute saison. Pour remédier à ces difficultés, le parc national propose un service de navettes gratuites en minibus qui dessert 15 arrêts situés le long de la route du soleil. Si les navettes permettent de contourner les difficultés de parking, elles sont elles aussi prises d'assaut à certaines heures de la journée.



source J.M. Zaninetti, 2010

  Une autre option est de découvrir le parc national comme autrefois en empruntant l'un des tours guidés payants organisés par les indiens Blackfeet avec les autocars rouges du parc, de superbes minibus des années 1930. Les bus rouges partent des différents Lodges historiques situés en périphérie du parc national et parcourent la route du soleil.



source J.M. Zaninetti, 2010

  La route remonte d'abord le long du Lac St Mary. Long de 16 km, le lac St Mary est l'un des plus photogéniques du parc national en matinée. Peu après le lieu-dit Rising Sun où se trouve un des Lodges du parc national, il ne faut pas manquer de faire un arrêt photo au point de vue sur Goose Island, la carte postale la plus photographiée du parc national



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
Après la Sunrift Gorge, la route commence l'escalade du col sur les flancs de l'ancien cirque glaciaire qui a donné naissance au lac actuel. la pyramide du Mt Reynolds (2,781 m.) marque la ligne continentale de partage des eaux.


source J.M. Zaninetti, 2010



Parvenu au sommet du col, il faut trouver un emplacement de stationnement libre sur le parking et visiter le centre de découverte du Logan Pass.
Le col ouvre des vues largement dégagées vers l'est et vers le nord.


source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010

Le col est pavoisé aux couleurs des États-Unis et du Canada pour rappeler le statut particulier du "parc international de la paix" qui unit Glacier aux Lacs Waterton.


source J.M. Zaninetti, 2010

Le Logan Pass se situe à l'étage subalpin (au-dessus de 1,800 m d'altitude dans le parc national de Glacier) où se mélangent prairies alpines et bosquets d'arbres. la limite supérieure de l'arbre (tree line) varie entre 1,800 mètres sur les versants exposés au nord et 2,300 mètres sur les versants exposés au sud et à l'ouest. Le col donne un accès facile à l'étage de la toundra alpine qui se trouve au-dessus, notamment du côté ouest du col.


source J.M. Zaninetti, 2010

  Je recommande deux randonnées assez courtes au sommet du Logan Pass. Si vous n'en faites qu'une seule, il ne faut pas manquer la randonnée modérée du Hidden Lake Overlook, 4,3 km aller-retour, dénivelé vertical de 165 mètres. Nous l'avons parcouru en famille le 28 juillet 2010 et avons eu la surprise de devoir traverser un névé pas complètement fondu sur le versant sud de Clements Mountain, l'une des pyramides de pierre qui surplombent le col.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010

  Le sentier est fréquenté par de nombreux visiteurs qui y côtoient des chèvres des montagnes impassibles, l'un des mammifères herbivores caractéristiques du parc national. Le sentier atteint un col situé à environ 2,300 mètres d'altitude. On parvient rapidement à un point de vue aménagé qui d'apercevoir le superbe Hidden Lake en contrebas, à l'ouest de la ligne de partage des eaux.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
Les prairies d'altitude abritent une faune très nombreuses de rongeurs dont de superbes marmottes à ventre jaune, des mouflons d'Amériques (bighorns) et des chèvres des montagnes. On estime que 2,000 chèvres des montagnes parcourent les prairies alpines et hantent les parois des sommets rocheux qui les surplombent.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
La flore ne manque pas d’attraits non plus. Les fleurs de montagne commencent leur éclosion fin Juillet. Voici par exemple un parterre de lys des glaciers.



source J.M. Zaninetti, 2010

  Le Highline Trail est l'autre randonnée recommandée. Il n'est pas nécessaire de s'engager dans la longue randonnée entre le Logan Pass et le Granite Park Chalet pour admirer la vallée spectaculaire par laquelle la route du soleil redescend sur le versant occidental du parc au pied du Garden Wall, une étroite ligne de crête qui sépare ici le bassin versant du Lac McDonald à l'ouest et celui de Many Glacier à l'est.




source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
Le sentier commence par traverser les prairies subalpines avant que l'on n'accède à un panorama plus large. Arrivé à un certain point, le sentier se réduit à une étroite corniche en surplomb précaire au-dessus de la route, qui serpente en contrebas au pied du Weeping Wall, le "mur qui pleure" au moment de la fonte des neiges. Il n'est pas nécessaire de s'aventurer très loin sur ce sentier pour profiter de vue spectaculaires.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
Les randonneurs sérieux prendront avantage de l'existence des navettes gratuites du parc pour monter au Logan Pass avec la navette puis entreprendre la randonnée du Highline Trail en légère descente jusqu'au Granite Park Chalet, un des deux refuges de montagne construits à plus de 2,000 mètres d'altitude en 1914 pour héberger les randonneurs au moment de l'aménagement touristique du parc national. Cette randonnée recommandée aux gens en bonne condition physique prend la journée. Elle est longue de 10,5 km le long du Highline Trail entre le Logan Pass et le Granite Park Chalet. Il faut ensuite descendre un dénivelé vertical de 730 mètres sur 6,5 km pour rejoindre la route du soleil au niveau de The Loop, la grande épingle à cheveux où l'on trouve un arrêt pour les navettes. Prévoir 6 heures de marche plus le temps de pause et le pique-nique au Granite Park Chalet.

Granite Park Chalet
source Wikipedia

Avec plus de 1,160 km de sentiers entretenus, le parc national de Glacier est un paradis pour les amateurs de randonnée dans l'arrière-pays (backcountry). Il s'agit de randonnée en montagne, il faut donc une bonne condition physique et avoir suivi une préparation adéquate. Je rappelle aussi qu'il faut payer un permis de camping dans l'arrière-pays et informer les Rangers du parc de l'itinéraire de randonnée prévu. C'est ainsi que nous avons croisé un groupe de jeunes randonneurs américains sur les rives du Bowman Lake qui venaient de traverser la ligne de partage des eaux depuis le Logan Pass en longeant le Continental Divide par le Highline Trail, puis en descendant vers Goat Haunt au fond du Lac Waterton (la station de Rangers de Goat Haunt est aux États-Unis), et franchissant finalement le Brown Pass. Cette traversée leur avait demandé une semaine. Ce genre d'expédition demande de la logistique. Un chauffeur devant les récupérer à Polebridge, dont ils n'étaient désormais plus éloignés.

source J.M. Zaninetti, 2016

source J.M. Zaninetti, 2016

source J.M. Zaninetti, 2016

source J.M. Zaninetti, 2016

source J.M. Zaninetti, 2016

Totalement indifférente aux conditions du terrain, la ligne frontière entre les États-Unis et le Canada coupe la montagne à la hauteur du 49e parallèle. 
source J.M. Zaninetti, 2016

La station de rangers de Goat Haunt n'est accessible qu'à pied au terme d'une expédition en montagne de plusieurs jours dans l'arrière-pays (backcountry), ou bien en bateau depuis le Canada par la croisière qui remonte le Lac Waterton.

Sur le versant occidental, la route du soleil traverse sa section la plus spectaculaire et la plus dangereuse sur le versant du Garden Wall. Les cascades que la route traverse ne sont pas les Bird Woman Falls comme certains le pensent quand ils s'arrêtent sur le parking situé 3 km au-dessus du virage en épingle nommé The Loop.



source J.M. Zaninetti, 2010

  Les Bird Woman Falls sont visibles sur le versant opposé de la vallée. Il s'agit d'une chute d'eau de plus de 150 mètres de haut qui débouche d'une vallée suspendue  qui surplombe la vallée principale du McDonald Creek.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
Le McDonald Creek est un magnifique torrent de montagne aux eaux bleutées. L'importance de son lit rocailleux traduit la puissance de ses crues.



source J.M. Zaninetti, 2010
 
Le Trail of the Cedars Nature Trail (2 km) est aménagé au débouché de l'Avalanche Creek, un affluent du McDonald Creek. La promenade vers le cirque de l'Avalanche Lake est une promenade en forêt modérément facile qui grimpe de 220 mètres sur 3,6 km pour parvenir à un beau cirque glaciaire avec un lac aux eaux de couleur émeraude comme seul vestige de cet ancien glacier. Sa popularité explique que l'on peut rencontrer des difficultés de stationnement au départ des deux promenades si l'on n'arrive pas suffisamment tôt en matinée.

La route Going to the Sun débouche sur le lac McDonald, le plus grand des lacs glaciaires du parc national. le Mc Donald Creek se jette dans le lac par une cascade.



source J.M. Zaninetti, 2010
 
Dans la partie amont du lac, la route passe à proximité du Lake McDonald Lodge, l'un des hôtels construits en style de chalets suisses pour héberger les premiers visiteurs fortunés du parc national. Édifié en 1913, le Lodge, toujours en activité, est classé monument historique. C'est le point de départ de la randonnée difficile qui conduit au Sperry Chalet, le second refuge de montagne construit à la même époque. Longue de 20,5 km aller-retour, cette randonnée franchit un dénivelé vertical de 1,050 mètres. des marcheurs en grande forme peuvent espérer faire l'aller-retour en 7 heures plus le temps de pause et le pique-nique au Sperry Chalet.



source J.M. Zaninetti, 2010

  La route Going-to-the Sun se termine à Apgar Village à l'extrémité aval du Lac McDonald. Apgar Village est le centre de service le mieux équipé du parc national. On y trouve un centre de découverte, deux hôtels, une cafétéria, deux campings équipés et un centre de transit qui sert de terminus aux navettes.



source J.M. Zaninetti, 2010

  Apgar est aussi le site où l'on peut louer des embarcations pour canoter sur le lac. Un corral propose des randonnées guidées à cheval de une heure ou deux.

source J.M. Zaninetti, 2010


source J.M. Zaninetti, 2010

  Parcourir la route Going-to-the Sun d'est en ouest et faire quelques courtes marches de 1 ou 2 heures autour du Logan Pass demande toute la journée.


Many Glacier


Situé sur le versant oriental de la Lewis Range, le secteur de Many Glacier est l'un des plus fréquenté du parc national. Il est accessible par une route en impasse, 35 km au nord-ouest de St-Mary, localité située aux portes du parc à l'entrée de la route Going-to-the-Sun, où l'on trouve plusieurs hôtels et campings, de nombreux services et le principal centre de visite du secteur oriental du parc national.



source J.M. Zaninetti, 2010
 
Si vous résidez sur St Mary, je vous recommande de partir tôt pour disposer du plus de temps possible sur place, car Many Glacier est avant tout un site de randonnée à la journée. La route d'accès longe le Lac Sherburne.



source J.M. Zaninetti, 2010

  Le Many Glacier Hotel est le plus populaire des Lodges historiques du parc national. Situé sur les rives du lac Swiftcurrent, il offre des vues spectaculaires sur les montagnes alentours.



source J.M. Zaninetti, 2010
 
Le Swiftcurrent Motor Inn est un autre Lodge voisin, moins dispendieux. Le site de Many Glacier offre aussi un camping équipé et tous les services nécessaires à un séjour prolongé sur place.
Parmi les options de randonnées facile, je recommande la promenade des lacs Swiftcurrent et Josephine combinée au tour en bateau sur le lac Swiftcurrent avec le Chief Two Guns et le lac Josephine avec le Morning Eagle, deux navires en bois presque centenaires. Six croisières partent chaque jour de l'embarcadère du Many Glacier Hotel. Il faut prévoir une petite marche pour passer d'un lac à l'autre. Il est toujours possible de randonner à sens unique, par exemple au retour, en longeant les rives des lacs. Du terminus oriental du Lac Josephine au Many Glacier Hotel, la marche est d'une longueur de 3,4 km sur la rive sud des deux lacs.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
L'orientation du site incite à faire cette promenade le matin.

Randonnée du Grinnel Glacier
source Wikipedia

Les randonneurs sérieux envisageront de faire l'expédition au Grinnel Glacier. Cette marche fameuse, longue de 18 km aller-retour, franchit un dénivelé vertical de 490 mètres et demande au moins 6 heures. Les randonneurs doivent visiter le site le plus tôt possible le matin pour bénéficier d'un bon éclairage. Un bateau démarre à 8h30 du Many Glacier Hotel pour accélérer le départ de la promenade. En fin de randonnée, il est possible aux randonneurs fatigués d'embarquer sur les bateaux qui reviennent vers l'hôtel. 


Iceberg Lake
source Wikipedia

Iceberg lake et le Ptarmigan Tunnel sont d'autres destinations de randonnées à la journée réputées dans le secteur de Many Glacier. Dans tous les cas, il s'agit de randonnée en montagne avec un fort dénivelé. Elles sont déconseillées aux personnes souffrant d'asthme, de troubles cardiaques et d'autres maladies invalidantes. Le secteur de Many Glacier est aussi un habitat fréquenté par les ours, notamment les grizzly. Il est recommandé de randonner en groupe. La beauté exceptionnelle du secteur de Many Glacier attire de nombreux visiteurs et souffre de surfréquentation relative .


Two Medicine


Toujours sur le versant oriental du parc national, les visiteurs souhaitant plus de calme qu'à Many Glacier peuvent se rendre sur le site du Two Medicine Lake  au sud-est du parc national, 20 kilomètres à l'ouest de East Glacier et 60 km au sud de St Mary. Le site propose un camping et des tours en bateau sont organisés sur le lac. Il n'y a pas d'autres infrastructures.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
Après avoir traversé le lac à bord du Sinopah, un navire en bois construit en 1927, une petite randonnée facile consiste à faire l'aller-retour de 3 km en forêt jusqu'aux Twin Falls, un site magnifique et infesté de moustiques. Le pic très escarpé qui domine le sentier de ses falaises de 900 mètre est le Pumpelly Pillar (alt. 2,500 m.).



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
Les falaises dénudées qui surplombent  le lac exposent très clairement les puissantes couches d'argilite rouge typiques du parc national de Glacier.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

East Glacier Park


Située à 52 km au sud de St. Mary, la station ferroviaire de East Glacier Park a donné naissance à un petit village qui est le premier centre d'accueil pour les visiteurs venant découvrir le parc national de Glacier en débarquant du train Empire Builder en provenance de Chicago. Le site mérite un arrêt ne serai-ce que pour jeter un coup d’œil à son superbe Lodge historique, le luxueux Glacier Park Lodge (1914).



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
Il faut entrer dans le lobby monumental pour admirer les colonnes faites de troncs de cèdres rouges de l'Ouest qui supportent le plafond. Glacier Park Lodge est un superbe exemple de "parchitecture" de la Belle Époque.


Route US-2 de East Glacier à West Glacier par le Marias Pass


Le parc national de Glacier est asymétrique. Tandis que la gare de East Glacier se trouve à une altitude de 1,465 mètres, celle de West Glacier ne se situe qu'à 985 mètres d'altitude. La route nationale US-2 contourne le parc national par le sud sur une distance de 92 km. Sans compter les arrêts, une heure de conduite suffit à relier East Glacier et West Glacier.

Le Marias Pass est un col asymatrique. Du côté oriental, la route monte imperceptiblement une large vallée glaciaire ouverte entre le Lewis Range situé dans les limites du parc national du côté nord et les montagnes du Bob Marshall Wilderness Complex sur le côté sud de la vallée.
Le Marias Pass franchit la ligne continentale de partage des eaux à une altitude de 1,591 mètres. Un monument a été érigé en son sommet. une statue de l'ingénieur ferroviaire John F. Stevens commémore sa découverte du col en 1889 qui a ouvert la voie à la construction de la ligne transcontinentale du Great Northern, tandis qu'une obélisque a été érigée en l'honneur du président Théodore Roosevelt qui a laissé son nom à la route US-2 qui franchit aussi le col. Un parking permet d'aller voir les monuments, et de contempler le Chevauchement de Lewis, clairement visible sur les falaises au nord de la route. Un panneau explicatif permet de se repérer et de comprendre ce que l'on voit.



source J.M. Zaninetti, 2010
  A l'ouest du Marias Pass, la route descend dans la vallée densément boisée du Bear Creek, un affluent de la Middle Fork Flathead River dont le cours délimite la frontière méridionale du parc nationale.
Le site de Goat Lick Overlook permet  permet de voir une falaise de roches calcaires salées que les chèvres des montagnes viennent lécher à la fin de l'hiver pour se recharger en sel.



source J.M. Zaninetti, 2010
 
La route passe ensuite par Essex, une petite gare ferroviaire près de laquelle la compagnie avait fait construite un Lodge dans les premiers temps du parc. Classé monument historique, le Lodge existe toujours sous le nom de Izaac Walton Inn. Cette partie méridionale du parc national est très peu fréquentée.

West Glacier est le village-porte du parc national situé au terminus occidental de la Going-to-the-Sun Road.  La ville offre plusieurs options d'hébergement, dont les Belton Chalets, construits en 1910-1911 et classés monuments historiques.


North Fork


La vallée de la North Fork Flathead River est le secteur le plus tranquille du parc national. Le hameau de Polebridge est distant de 41 km de Apgar. La route d'accès n'est pas entièrement goudronnée.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
Les habitants facétieux de ce petit centre de service placardent des panneaux au bord de la piste demandant de "rouler doucement, il y a des gens qui respirent ici" pour limiter la poussière. Dans les sanitaires, une cabane au fond du jardin, un écriteau rappelle qu'il est interdit de jeter des détritus, mais comme il ne sert à rien ici, les visiteurs sont invités à jeter leur téléphone mobile aux toilettes...



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
 
On entre dans le parc national par une piste de gravier en franchissant le cours de la North Fork Flathead River. On est transporté par la beauté et la sérénité de cette nature intacte. Une piste de 10 km conduit de Polebridge aux rives du Bowman Lake.



source J.M. Zaninetti, 2010
 

source J.M. Zaninetti, 2010
  Ce site superbe et d'un calme souverain offre de belles options de balade en forêt.


Venir à Glacier National Park


Parmi les 25 parcs nationaux que j'ai visité aux États-Unis jusqu'à présent, Glacier National Park l'une des sources de mes émotions les plus fortes. 

Relativement méconnu des visiteurs étrangers, excepté ceux qui visitent les Rocheuses Canadiennes,  le parc national de Glacier est pourtant l'un des dix parcs nationaux les plus populaires des États-Unis. Il a accueilli un nombre record de visiteurs (près de 3 millions) en 2016. Cela ne va pas sans créer des problèmes de saturation du parking du Logan Pass d'ailleurs.

Le parc national de Glacier vaut le voyage. Mais le parc est très isolé, et sa visite demande une planification rigoureuse.
Le moyen le plus rapide est de prendre un vol intérieur américain à destination de l'aéroport régional Glacier Park International situé à 40 km de West Glacier. cet aéroport est desservi au départ de Salt Lake City, de Minneapolis, de Denver, de Chicago et de Seattle.
Si l'on voyage à l'ancienne, Glacier est l'un des rares parcs nationaux américains où il est possible de venir en train. Le train Amtrak Empire Builder part de Chicago à destination de Seattle et de Portland. Chemin faisant, il dessert les gares de Essex et West Glacier toute l'année, et celle de East Glacier seulement en été. Le trajet dure 30 heures de Chicago jusqu'à East Glacier. Au départ de Seattle, le voyage dure 14h30 jusqu'à West Glacier.
Par la route, l'aéroport international de Seattle-Tacoma est distant de 893 km de West Glacier (8h30 de conduite), Portland à 1,000 km et Salt Lake City est à 1,052 km.
Yellowstone est le parc national le plus proche, à 577 km au sud de East Glacier (5h45 de conduite).




Ces distances découragent nombre de visiteurs internationaux. Certains choisissent de contourner la difficulté apparente en visitant Glacier au départ du Canada. L'aéroport international de Calgary, Alberta, n'est distant que de 297 km au nord de St. Mary, un trajet qui demande 3 heures de conduite plus les arrêts et le temps de faire les formalités de passage aux frontières pour les Européens, le passage par voie terrestre n'est PAS soumis au formulaire ESTA de demande dispense de visa, mais demande tout de même de compléter le formulaire I-94W à la frontière.
Passer au Canada permet tout d'abord de visiter le parc national des Lacs Waterton, le petit frère jumeau de Glacier.
Toutefois, il est possible de ne pas franchir la frontière canadienne, auquel cas le voyage se poursuit aux environs du parc national dans le Montana.
Dans le voisinage régional, Helena _capitale de l'état_ est à 300 km (3 h) au sud d'East Glacier Village en direction du Gold West Country et de Yellowstone au-delà. Plus à l'est, Great Falls se trouve pour sa part à 230 km au sud-est (2h15) en direction des Upper Missouri River Breaks.
Sur l'autre versant de la ligne de partage des eaux, Missoula est à 220 km (3h30) de West Glacier à l'autre extrémité de la Vallée  Flathead.

Poursuivre le voyage aux environs

 

Waterton Lakes (Canada)

Fort McLeod (Canada)

Helena

Flathead Valley