dimanche 1 avril 2018

Parcs nationaux des Montagnes Rocheuses

Les Rocheuses Canadiennes, patrimoine de l'humanité

3 étoiles, vaut le voyage



 



Les drapeaux de la Colombie Britannique (à gauche sur la photo), du Canada et de l'Alberta (à droite) flottent sur le passage du Col Vermillion qui franchit la ligne de partage des eaux continentales qui sépare les deux provinces à la limite des parcs nationaux de Banff et de Kootenay.
Source : J.M. Zaninetti, 2016




Ambiance : Enigma Variations - Nimrod - Edward Elgar, 1899


Cette page est consacrée à la présentation générale des Parcs Nationaux des Montagnes Rocheuses du Canada, principale destination des voyageurs internationaux dans l'ouest canadien.
On présente l'environnement de cette vaste région de parcs naturels de montagne ainsi que les différences essentielles qui existent entre le voyage dans les parcs nationaux canadiens et leurs homologues étasuniens. Les Parcs Nationaux des Rocheuses se situent à cheval sur la ligne de partage des eaux continentale qui forme la frontière entre la Colombie Britannique à l'ouest et l'Alberta à l'est.



Lac Bow, parc national de Banff, Alberta
Source : J.M. Zaninetti, 2016




Les Rocheuses canadiennes

 

Découvrir les parcs nationaux des Rocheuses est le but de la plupart des voyageurs européens qui se rendent dans l'Ouest canadien. Larges d'environ 250 km à vol d'oiseau, les chaînes de la Cordillère des Rocheuses Canadiennes ne forment pas un ensemble homogène. Elles sont traversées de longues vallées dont l'axe du Sillon des Rocheuses, qui traverse la région de part et d'autres, séparant nettement les massifs des Montagnes Rocheuses proprement dites à l'est des chaînons fragmentés des Monts Columbia, un ensemble complexe de massifs plus anciens situés à l'ouest.



Environnement, climat et écosystèmes

 

Les masses d'air circulant d'ouest en est à ces latitudes, les perturbations sont réactivées au franchissement des cordillères des Monts Columbia qui sont très arrosés sur leur versant occidental, comme par exemple le Mont Revelstoke. En conséquence, la grande vallée du Sillon des Rocheuses et les Montagnes Rocheuses proprement dites sont plus sèches et plus ensoleillées. 

La forêt de conifères de montagne forme l'écosystème dominant de la région.


La forêt de conifères tapisse le fond de la Bow River Valley, parc national de Banff
Source : J.M. Zaninetti, 2016


La latitude élevée du massif joue un rôle climatique important, ainsi que l'orientation oblique des chaînes de montagnes qui ne s'opposent pas frontalement à la circulation des masses d'air venues du nord-ouest. 


Un orage se forme au-dessus des Rocheuses de l'Alberta, 27 Juillet 2016
Source : J.M. Zaninetti, 2016


En été, le jet stream circule fréquemment au-dessus des Montagnes Rocheuses Canadiennes en saison estivale, il n'est pas systématiquement rejeté vers le nord pour les contourner. Les perturbations qui l'accompagnent sont courantes, avec des développements orageux fréquents en été et des chutes de neige sur une longue période de l'année (octobre à mai). La météo est donc moins stable qu'aux États-Unis et le beau temps n'est jamais garanti dans les Rocheuses Canadiennes pendant l'été. Les Rocheuses Canadiennes se trouvent à la même latitude que l'Angleterre en position continentale, éloignées de l'influence adoucissante de l'océan. Les hivers sont donc très froids en montagne, même si les vents d'ouest qui franchissent les cordillères provoquent un effet de foehn sur le piémont qui réchauffe l'ouest de la prairie canadienne. Ce vent chaud et sec qui descend la montagne, que les indiens appellent le Chinook, est fréquemment ressenti à Calgary, mais il s'atténue quand on s'éloigne de la cordillère.


Banff, 03 Novembre 2013
source Wikipedia

L'hiver dure sept mois d'Octobre à Avril dans les Montagnes Rocheuses. Janvier est le mois le plus froid de l'année, avec une moyenne des températures minimales de -12°C à Banff (-3°C l'après-midi), la température peut chuter facilement jusqu'à -30°C ou moins, on a même enregistré un record de -52°C à Lake Louise en Janvier 1950. La neige tombe d'Octobre (rarement fin Septembre) à Avril et ne fond pas avant le mois de Mai. Les grands froids sont généralement accompagnés d'un temps sec, ensoleillé et sans vent, ce qui est très propice au ski. Le printemps est encore froid, les lacs sont gelés et les sentiers enneigés ne se prêtent pas à la randonnée avant le mois de Juin. Les étés sont d'une chaleur tempérée par l'altitude, la température moyenne des après-midi est de +22°C à Banff en Juillet et en Août, et l'air relativement sec rend le climat très confortable à cette saison, même si les nuits sont fraîches en raison de l'altitude (+7°C en moyenne),  avis aux campeurs ! On a enregistré un record à +34°C à Banff en Juillet. Dans l'ensemble, l'été est aussi la saison la plus arrosée, par la succession intermittente de violents orages un jour sur deux en moyenne. Mais ces orages n'enlèvent pas l'impression générale d'ensoleillement et de sécheresse, et les feux de forêt sont de plus en plus fréquentes dans les Rocheuses en été sous l'effet du réchauffement climatique, surtout dans les vallées les plus abritées, comme le parc national de Kootenay. Le développement d'une "saison des feux" en fin d'été est très marqué depuis 2015 et préoccupe fortement la communauté scientifique.


Lac O'Hara, 2020 m d'altitude, 26 septembre 2016 
Photo primée prise par Zeljko Kojomara, mise à disposition sur Wikimedia

Le mois de Septembre est marqué par un refroidissement rapide, les gelées nocturnes reviennent et parfois même les premières neiges. C'est la saison du rut des wapitis, les mélèzes jaunissent avant de perdre leurs aiguilles. Octobre est un mois de violents contrastes météorologiques, et l'hiver est solidement installé dès la mi-Novembre.



Rawson Lake, Octobre 2016
source Wikipedia


Bien qu'il soit plus septentrional, le climat de Jasper est très semblable à celui de Banff, car ce que Jasper gagne en degrés de latitude, elle le perd en mètres d'altitude.

 

Patrimoine naturel de l'humanité

 



Banff, Sunshine Meadows,
source Wikipedia


Les quatre parcs nationaux des Montagnes Rocheuses du Canada, Banff, Jasper, Kootenay et Yoho constituent avec les Parcs provinciaux du Mont Robson, du Mont Assiniboine et Hamber adjacents un ensemble d'aires protégées d'un seul tenant de près de 23 000 km², la dimension d'une région française (avant les regroupements de 2016).




Inscrits sur l'inventaire du patrimoine naturel de l'UNESCO  en 1984, ces parcs sont également une ressource touristique formidable qui a attiré 9,2 visiteurs originaires du monde entier durant la saison 2017-2018. 


source J.M. Zaninetti, 2016

Le parc national de Banff, le plus fréquenté, a reçu près de 4,2 millions de visiteurs en 2017-2018, un record historique peut-être dû en partie à ce qu'en 2017, année de célébration des 150 ans de la fondation du Canada, l'accès aux parcs nationaux a été gratuit.


source J.M. Zaninetti, 2016

Jasper arrive au 2e rang avec près de 2,4 millions de visiteurs en 2017-2018. 

source J.M. Zaninetti, 2016

Le parc national Yoho arrive en 3e position avec un peu plus de 0,7 millions de visiteurs, suivi par le "Petit Poucet", le parc national Kootenay avec 0,5 millions de visiteurs en 2017-2018.

source J.M. Zaninetti, 2016

Le Parc provincial du Mont Robson voit passer un grand nombre de visiteurs de passage le long de la route Trans-Canadienne n°16, au bord de laquelle le centre d'accueil de Colombie Britannique offre une vue saisissante sur la falaise de 3000 mètres de la face sud du Mont Robson, le plus haut sommet des Rocheuses canadiennes (altitude 3954 m).



source J.M. Zaninetti, 2016

  Par contre, il n'est pas possible de séjourner dans le parc autrement qu'en camping. Les deux autres parcs provinciaux inclus dans le périmètre UNESCO, Hamber et Mt Assiniboine, ne sont pas accessibles par la route, et ne reçoivent donc qu'un très petit nombre de visiteurs.

Pour l'UNESCO, les parcs nationaux des Rocheuses canadiennes méritent leur classement pour les raisons suivantes : "Ensemble, ils représentent les caractéristiques physiques exceptionnelles de la Province biogéographique des « Montagnes Rocheuses ». On trouve dans toute la zone des exemples typiques de processus géologiques glaciaires — champs de glace, vestiges de glaciers de vallée, canyons et formes remarquables d’érosion et de déposition. 

source J.M. Zaninetti, 2016

Le site cambrien de Burgess Shale et les sites précambriens alentour contiennent des informations capitales sur l’évolution de la Terre."

Comprendre les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes 

 


Comme pour Yellowstone, les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes offrent des écosystèmes en bon état de conservation. Cceci est dû au fait qu'ils n'ont pas été colonisés avant d'être placés en état de protection en premier lieu. Les parcs nationaux ont suivi la construction du chemin de fer, qui arrive en 1883 à Banff, en 1906 à Jasper. Les localités ont créées exclusivement pour la mise en tourisme de ce massif, et plusieurs routes ont été créées exclusivement pour le tourisme, la route Banff - Windermere en 1923 et la Promenade des Glaciers en 1940.

De surcroît, les parcs ne sont pas des îles isolées. Ils forment un ensemble compact et contigu de montagnes encore extrêmement sauvages. La périphérie nord et est des parcs des Rocheuses est largement préservée en Alberta dans le cadre de parcs de wilderness (Wilmore, etc.), de parcs provinciaux (Spray valley, Peter Lougheed, etc.) ou de réserves forestières. La protection est moindre côté Colombie Britannique en-dehors des parcs provinciaux relativement nombreux mais fragmentés. Par contre, la construction du barrage Mica sur la Columbia qui a créé l'immense Lac Kinbasket dans le sillon des Rocheuses entre 1964 et 1973 a complètement isolé le versant occidental des Rocheuses en limitant l'extension des concessions d'exploitation forestières à ses extrémités nord et sud entre Golden et Valemount, créant une zone tampon de fait sur près de 200 kilomètres du nord au sud. Pour les animaux sauvages qui ne connaissent pas les limites créées par l'homme, cela dessine un immense écosystème naturel de presque deux fois la taille des aires protégées situées en son centre.

Les Montagnes Rocheuses constituent un segment de la grande cordillère nord-américaine qui court du Mexique à l'Alaska et compte de nombreux massifs distincts. La chaîne des Montagnes Rocheuses proprement dite s'étend sur 1,600 km de long entre le 47e parallèle nord dans le Montana et le 59e parallèle nord en Colombie Britannique. La ligne de partage des eaux continentale entre le drainage Atlantique et Arctique à l'est et le drainage Pacifique à l'ouest suit la ligne de crête de cette chaîne de montagne. Par convention, la tranchée du Sillon des Rocheuses constitue la limite sud-ouest du massif, qui se termine au nord-est par un contact assez abrupt avec les plaines centrales du continent. Les Montagnes Rocheuses sont relativement basses comparées à d'autres massifs montagneux, aucun sommet ne dépassant l'altitude symbolique de 4000 mètres. Par contre, dans la région des parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes, on compte un grand nombre de sommets dont l'altitude est comprise entre 3000 et 3500 mètres, donnant au massif une allure relativement homogène quand on survole la région.


La géologie est un point commun à l'ensemble du massif des Montagnes Rocheuses qui le distingue des autres chaines de montagnes voisines. Formés après les monts Columbia immédiatement voisins à l'ouest du Sillon des Rocheuses, les sommets de cette cordillère sont constitués essentiellement de roches sédimentaires et non cristallines. Il faut imaginer cette région recouverte périodiquement de mers peu profondes sur les rives occidentales de ce qui est devenu le continent nord-américain durant des centaines de millions d'années des profondeurs du Précambrien jusqu'à l'ère Secondaire. Durant toute cette période, d'épaisses couches de sédiment se sont accumulées dans les fonds marins, porteurs de fossiles de plus en plus abondants à partir du début de l'ère primaire (600 millions d'années). Tout change dans les 185 derniers millions d'années quand la marge océanique entre l'Amérique du Nord et l'Océan Pacifique devient une zone de subduction active, c'est à dire une collision. Les plaques océaniques Kula et Farallon commencent à s'enfoncer sous le continent Américain, constitué de roches moins dense. Dans la région des Rocheuses Canadiennes, la chaîne des Monts Columbia se soulève en premier lieu durant l'ère secondaire. L'Orogenèse Laramienne qui s'étend de 80 à 55 millions d'années survient dans une 2e phase et se traduit par l'étirement crustal à l'origine de la formation du Sillon des Rocheuses et le soulèvement des Montagnes Rocheuses à l'est des Monts Columbia. Les couches de roches sédimentaires, schistes, argilites, grès, calcaires, dolomites, etc, sont fracturées en écailles, poussées vers l'est et plissées dans une déformation générale du continent sous l'effet de la collision des plaques tectoniques. Les blocs sédimentaires soulevés sont poussés vers le nord et l'est en chevauchant les roches plus jeunes d'époque Crétacé qui forment le soubassement des Prairies canadiennes. C'est le Chevauchement de Lewis qui explique que des roches vieilles d'un milliard d'années se trouvent portées au sommet des montagnes tandis que l'on trouve des sédiments vieux de 100 millions d'années seulement dans les collines du piémont en contrebas. 
Durant cette période géologiquement très active,  des archipels et des îles isolées sont peu à peu poussées contre le continent et s'agrègent à celui-ci, phénomène qui agrandit le continent et éloigne progressivement les Montagnes Rocheuses de l'Océan Pacifique en interposant de nouvelles terres émergées à l'ouest de ce qui devient ensuite le plateau intérieur de Colombie Britannique. Il semble que la subduction s'est faite sous un angle assez faible, ce qui s'est traduit par des chevauchements importants qui ont poussés et empilés des blocs de roche les uns au-dessus des autres sur une distance inhabituellement longue vers l'intérieur des terres et la formation de plusieurs rides montagneuses successives. Pour ce qui est de la chaîne des Montagnes Rocheuses proprement dite, ses roches semblent avoir été arrachées au Sillon des Rocheuses et poussé 50 à 80 km plus au nord-est par chevauchement, formant des chaînons parallèles orientés nord-ouest - sud-est. Les montées de magma et la formation subséquente d'arcs volcaniques et de plutons granitiques typiques des zones de subductions se sont produit plus à l'ouest dans les chaines de montagne qui se sont soulevées sur les rives du Pacifique, comme la Chaîne des Cascades et les Chaînes Côtières de Colombie Britannique. On ne trouve pas de trace de volcanisme dans les Rocheuses Canadiennes même si des eaux chaudes remontent à la surface par de profondes failles. 60 millions d'années d'érosion ont largement contribué à démanteler le massif des Rocheuses durant l'ère Tertiaire, révélant des couches de roche plus ancienne qui sont aujourd'hui perchées au sommet des montagnes comme les Schistes fossilifères de Burgess, vieux de 510 millions d'années, exposés au sommet des montagnes dans le parc national Yoho

source J.M. Zaninetti, 2016


Toutefois, les  formes de relief actuelles résultent entièrement des glaciations quaternaires survenues durant les deux derniers millions d'années. Durant les phases climatiques froides, de vastes langues glaciaires se sont formées dans la région, creusant de larges vallées en auge, taillant des cirques et ne laissant subsister entre eux que de minces arêtes de roche. Des calottes ont recouvert les sommets jusqu'à 2000 mètres de glace se sont accumulées en particulier durant la dernière glaciation Wisconsin qui dure entre 35,000 et 10,000 ans avant notre ère. Ces glaciers puissants ont fondu subitement avec un réchauffement rapide survenu environ 10,000 ans avant notre ère, dévoilant les paysages de vallées et de crêtes actuels. 

Il reste peu de choses des glaciers quaternaires. Grâce à une altitude et à une latitude encore relativement élevés, de petits glaciers subsistent dans les Rocheuses canadiennes, dont le plus étendu est le Champ de Glace Columbia, d'une étendue de 325 km², qui recouvre les crêtes à jointure des parcs nationaux de Banff et de Jasper à plus de 2500 mètres d'altitude.

source J.M. Zaninetti, 2016

Les débris charriés par les glaciers, appelés moraines, ont formé d'épaisses collines de roche meuble qui se sont déposées à l'avant des langues de glace pour former des barrages naturels derrière lesquels les eaux de fonte se sont accumulées pour former la profusion de lacs, grands et petits, qui caractérisent les Rocheuses Canadiennes.

source J.M. Zaninetti, 2016

Les cours d'eaux actuels suivent les grandes vallées orientées nord-ouest sud-est, conformes à la géologie générale du massif, ou les recoupent par des vallées plus étroites percées par des glaciers quaternaires perpendiculairement aux chaînons que l'on appelle des cluses. Ces vallées perpendiculaires revêtent une importance particulière dans les Rocheuses Canadiennes en ce qu'elles ouvrent les meilleures voies d'accès pour entreprendre la traversée du massif d'est en ouest.

source J.M. Zaninetti, 2016

Le site de Banff occupe l'une de ces larges cluses.

Comme beaucoup de massifs montagneux, les Rocheuses Canadiennes forment un château d'eau naturel, à partir duquel divergent les cours d'eaux qui alimentent les bassins versants d'une large part de l'Amérique du Nord. Chacun des parcs nationaux et provinciaux appartient à un bassin versant différent.
Le sud du parc national de Banff est drainé vers le sud-est par la Bow river qui se dirige ensuite vers Calgary, se jette dans la rivière Saskatchewan Sud. Le nord du parc national de Banff est drainé directement vers le nord-est par la rivière Saskatchewan Nord. Les deux Saskatchewan s'unissent dans les prairies, alimentent le lac Winnipeg au Manitoba, dont l'émissaire, le fleuve Nelson se jette finalement dans l'Atlantique par la Baie d'Hudson.
Le parc national de Jasper est drainé par la rivière Athabasca en direction du nord-est. Ses eaux alimentent le lac Athabasca, dont l'émissaire, la Rivière des Esclaves se jette dans le Grand Lac des Esclaves avant de poursuivre leur route vers l'Océan Arctique par le cours du fleuve Mackenzie.
Le parc national Yoho est drainé par la rivière du Cheval qui Rue (Kicking Horse), un affluent mineur du fleuve Columbia dans lequel il se jette à Golden.
Le parc national Kootenay est drainé par la rivière Kootenay, un affluent majeur de la Columbia.
Enfin, le parc provincial du Mont Robson forme la source du fleuve Fraser, d'une longueur de 1375 km, qui se jette dans l'Océan Pacifique à Vancouver au Canada.

Du fait de leur position en latitude relativement élevée entre le 50° et le 53° parallèle nord, les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes ont un climat continental à tendance froide, avec une température annuelle moyenne de seulement +0,5°C à Lake Louise à 1600 m d'altitude. Les hivers sont longs et froids, mais assez secs. Il neige 8 mois par an d'Octobre à Mai. L'été est assez chaud, mais bref avec une tendance orageuse. 
En dépit de ce climat assez froid, surtout en altitude, le réchauffement climatique prélève un lourd tribut sur les Rocheuses Canadiennes. Les chutes de neiges ne sont plus assez abondantes depuis le début du 20e siècle pour compenser la fonte des glaces en été, de sorte que les glaciers des Rocheuses Canadiennes ont perdu 60% de leur masse en un siècle. Les langues de glace reculent autour du Champ de glace Columbia, les glaciers s'amincissent, les névées se réduisent.  

source J.M. Zaninetti, 2016

On redoute la disparition du Glacier Athabasca, l'une des attractions touristiques phares des Rocheuses Canadiennes dans les 25 ans qui viennent. Celui-ci a déjà reculé de 1,5 km depuis la construction de la route en 1940. tandis que les glaciers fondent, la forêt colonise les pentes. La limite de l'arbre se situe aujourd'hui aux alentours de 2100 à 2300 mètres du nord au sud dans les Rocheuses Canadiennes. Les nombreux sommets situés au-dessus de cette limite présentent un aspect caillouteux qui ont valu au massif son nom de Montagnes Rocheuses.



source J.M. Zaninetti, 2016

  Trois zones de végétation peuvent être observées dans les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes. Les vallées les plus basses, d'une altitude comprise entre 1000 et 1500 mètres forment l'étage montagnard. Elles abritent une forêt mixte assez diverse de conifères et de feuillus excepté dans les zones humides, étendues dans les fonds de vallée glaciaire assez plats formés par d'anciens lacs qui se sont comblés de sédiments. Ces vallées de montagne forment l'habitat privilégié des grands mammifères en hiver. La présence de l'homme, et en particulier des infrastructures routières qui traversent les parcs nationaux, perturbe considérablement les déplacements de ces animaux, multipliant les accidents. Les aménagements en cours sur l'autoroute Trans-Canadienne n°1 où le trafic routier est intense consistent à grillager le périmètre de l'autoroute et à aménager des passages à animaux pour réduire les risques de collision.



source J.M. Zaninetti, 2016

  L'aménagement de la traversée du parc national de Banff est maintenant achevé, mais tout reste à faire dans la traversée du parc national Yoho, où la Transcanadienne emprunte des cluses relativement étroites.

De 1500 à 2200 mètres d'altitude en moyenne s'étend l'étage subalpin, un étage forestier offrant une moindre diversité d'arbres, mais qui se pare de nombreuses fleurs sauvages dans les espaces découverts au milieu de l'été. La forêt des Rocheuses Canadiennes souffre d'une invasion de coléoptères originaires du Mexique qui s'attaquent aux pins blancs de l'Ouest. Des zones de dépérissement s'étendent d'année en année, ce qui est propice à la propagation des feux de forêt.
Au-dessus de 2200 mètres en moyenne commence l'étage alpin où l'on trouve une maigre toundra dépourvue d'arbres. La végétation est éparse, et la saison végétative ne dure que durant les mois de juillet et d'août.
source J.M. Zaninetti, 2016


La faune sauvage, notamment de grands mammifères, est relativement abondante dans les parcs nationaux et provinciaux des Rocheuses Canadiennes.
Les ours sont les rois de cet écosystème naturel. On dénombre une population assez petite mais facile à observer d'ours noirs, qui viennent fréquemment manger des baies en bord de route en été.



source J.M. Zaninetti, 2016

  Une estimation démographique récente ne permet pas d'identifier plus de 200 individus dans les quatre parcs nationaux, mais ces populations ne sont pas isolées. Elles interagissent avec les populations bien plus nombreuses présentes dans les forêts du piémont albertain au nord et à l'est et aussi avec les populations de la vallée de la Columbia à l'ouest. On estime à un peu plus de 200 le nombre d'ours Grizzlies, l'espèce dominante de la région, dont la majorité dans le seul parc de Jasper. Ces ours ne s'observent que très rarement en bord de route, mais plus souvent dans l'arrière-pays. Le Grizzly est menacé par la disparition et la fragmentation de son habitat. Une mortalité inquiétante s'observe du fait de collisions le long des corridors de transport. La population de grizzlies est menacée de disparaître dans les parcs les plus au sud, Yoho et Kootenay où l'on ne recense plus que quelques individus. Mais l'espèce peut se renouveler par le nord grâce à la continuité écologique offerte par le parc de Jasper avec des régions plus sauvages situées plus au nord (Wilmore Wilderness Park, etc).

Le caribou des bois des montagnes du sud est une autre espèce menacée. Il a disparu des parcs de Banff, Yoho et Kootenay, et une centaine d'individus, génétiquement isolés, subsistent dans le parc de Jasper. Ces animaux sont principalement victimes du réchauffement climatique.

Parmi les autres ongulés, les wapitis sont relativement abondants dans les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes. Toutefois, il est difficile de les observer en juillet-août car ils montent vers les pâturages d'altitude loin des routes. On verra plus facilement des daims à queue blanche, des cerfs-mulets ou des cerfs de Virginie qui sont relativement communs dans ces régions.



source J.M. Zaninetti, 2016

  Les mouflons d'Amérique sont de loin l'espèce la plus commune et la plus facile à observer de la région. Par contre l'orignal est beaucoup plus discret, et nous n'en avons pas vu un seul durant notre séjour.
Pour leur part, les chèvres des montagnes, ces grands mammifères blancs si typiques du Nord-Ouest Américain se laissent facilement approcher.

source J.M. Zaninetti, 2016

Les prédateurs sont les animaux les plus discrets. Les Rocheuses Canadiennes abritent pourtant des populations saines de loups, de coyotes, de pumas et de lynx, et même quelques carcajous (ou gloutons, wolverine en anglais).



source J.M. Zaninetti, 2016
 
On trouve également beaucoup de mammifères plus petits dans les rocheuses, castor, ratons-laveur, porc-épic, blaireau, martre, marmotte, lièvre ainsi que de nombreux petits rongeurs très culottés qui viennent mendier votre pique-nique comme les Columbia Ground Squirrels, une espèce proche du chien de prairie.

source J.M. Zaninetti, 2016

Les oiseaux sont relativement abondants, sans que leur observation soit une activité fréquente en été, où la plupart des espèces les plus grandes migrent vers le nord. 
Plusieurs espèces de truites vivent dans les rivières et les lacs des parcs nationaux des Rocheuses, où les ours les pèchent. La pèche est réglementée dans les parcs nationaux, la pèche professionnelle est interdite et les amateurs ne peuvent pas conserver plus d'une truite par jour durant la saison de pèche où ils peuvent acheter un permis. Les autres poissons doivent être remis à l'eau.

Comparé au parc national de Yellowstone, l'abondance de grands mammifères ne nous a pas semblé être le véritable point fort de l'écosystème des parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes. Nous l'avons trouvée même relativement moins abondante qu'à Glacier National Park dans le Montana.
Les paysages nous ont plus marqué que la faune sauvage, relativement discrète pendant notre séjour. Peut-être aurions nous changé de point de vue si nous avions eu la possibilité de randonner, mais notre état de santé ne le permet plus, alors nous admirons les ours et autres animaux sauvages sur les cartes postales, les livres et les vidéos que nous avons ramenés de notre voyage.


Qu'est-ce qui ne va pas dans les parcs nationaux des Rocheuses canadiennes ?

 

Comme je l'ai dit plus haut, comparé à Yellowstone, ou même à Glacier, les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes ne m'ont pas donné l'impression d'une nature en pleine santé. Il me semble que le ver était dans le fruit dès le départ. Les parcs des Rocheuses Canadiennes n'ont pas été créés principalement dans un but de conservation de la nature, mais dans celui de mettre en tourisme cette région autrement impossible à mettre en valeur au plan agricole et dont le charbon, seule ressource minière, n'a pas un grand intérêt économique. Initialement, que ce soit à Banff à partir de 1885 et Yoho en 1886 ou à Jasper à partir de 1907, le but principal de la création du parc national était d'attirer des clients dans les trains transcontinentaux. Ces deux parcs historiques ont été mis en tourisme avec une communication savamment orchestrée par les compagnies ferroviaires comme les "Alpes du Canada" avec l’appât original du thermalisme.


Source : Zazzle.ca


Ensuite est arrivée la mode du ski à partir des années 1920. Banff, Jasper, Lake Louise sont trois stations de ski réputées, chacune équipée d'un ou de plusieurs téléphériques et de télésièges.



source J.M. Zaninetti, 2016


De manière générale, le tourisme à Banff, Lake Louise et Jasper était un produit de luxe jusqu'aux années 1950.

Dans les années 1920, la création du parc national Kootenay est la conséquence de la construction de la route Banff - Windermere, la première route des montagnes rocheuses conçue pour la circulation automobile avec le franchissement de la ligne de partage des eaux continentale par le Col Vermillion, l'un des plus faciles à franchir dans les Rocheuses, reconnu ainsi dès 1858, mais délaissé par le train au profit du Col du Cheval qui Rue en raison de la difficulté à rallier ensuite le Sillon des Rocheuses sans faire un long détour vers le sud.

L'achèvement de la construction de la route panoramique "Promenade des Glaciers" en 1940 a été un formidable stimulant pour la fréquentation touristique des parcs nationaux de Banff et Jasper et a entraîné le début de sa démocratisation dans la 2e moitié du 20e siècle.

Dans les années 1960, la construction de la route Trans-Canadienne longeant les voies ferrées transcontinentales a rajouté une infrastructure de transport majeure dans les parcs de Banff et Yoho en particulier traversés par la route n°1 entre Calgary et Vancouver, transformée aujourd'hui en autoroute dans la traversée du parc de Banff. Pour le parc de Jasper, c'est la route n°16, "Yellowhead Hwy" qui joue le même rôle à partir des années 1970, bien qu'à un degré moindre en raison d'un trafic routier nettement moins important. Cette même route Trans-Canadienne traverse le parc provincial du Mont Robson.

On le voit, les parcs du canada sont intimement liés aux infrastructures de transport et au tourisme, et ce dès l'origine.
Le trafic de transit est d'ailleurs un véritable problème dans la traversée du parc national Yoho où les poids-lourds occasionnent de fréquents accidents dans la descente du Col du Cheval-qui-Rue.
Il nous semble sur la foi de l'expérience que nous en avons acquise durant l'été 2016 que la mise en valeur par le tourisme est toujours l'objectif prioritaire de ces parcs et que la protection de la nature n'est qu'un objectif secondaire, bien que Parcs Canada s'en défende. 

En conclusion, je ne dirai pas que je suis déçu par les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes, leurs paysages sont somptueux, c'est l'une des plus belles régions du monde. Mais ils souffrent manifestement de surfréquentation touristique sur quelques sites : la ville de Banff, le village de Lake Louise et les deux lacs Louise et Moraine, ainsi que le Centre du Champ de Glace sont quelque peu submergés. La mise en tourisme du Lac Maligne (les croisières accueillent 0,7 millions de visiteurs par an) est aussi assez lourde.



source Wikipedia

Il y a aussi quelques attrape-touristes assez flagrants comme les Ice Explorers qui trimballent des chinois sur le Glacier Athabasca ou le Glacier Skywalk voisin, inauguré en 2014.


source J.M. Zaninetti, 2016

En dépit de ces petits bémols, les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes valent vraiment le voyage. 

 

Le danger des feux de forêt

 

Les feux de forêt sont de plus en plus fréquents et de plus en plus étendus dans les Rocheuses canadiennes. Le parc national Kootenay est connu pour l'étendue et la récurrence de ses feux de forêt.



source J.M. Zaninetti, 2016

  Ces feux font partie du cycle naturel de reproduction de la forêt de conifères, mais leur fréquence accrue perturbe le renouvellement de la flore.
L'été 2015 a été catastrophique dans les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes. Un épisode "El Nino" d'une intensité exceptionnelle a accumulé des eaux anormalement chaudes dans le Pacifique Oriental, créant une situation anormalement chaude et sèche pendant plus d'un an et demi dans l'Ouest Canadien. Résultat, les incendies de l'été 2015 ont atteint une intensité sans précédent, contraignant en particulier à la fermeture de la vallée Maligne dans le parc national de Jasper au public pendant 3 semaines en juillet-août. Un an après, les cicatrices de ces feux couvent des milliers d'hectares.



source J.M. Zaninetti, 2016
 
L'été 2017 a de nouveau été marqué par la sécheresse et la récurrence des feux. 




Par exemple, l'incendie de Verdant Creek a affecté à la fois le parc national Kootenay où il s'est déclenché le 31 Août 2017, et le parc provincial du Mont Assiniboine ainsi que le parc national de Banff où il s'est propagé en Septembre 2017. 

 Durant l'été 2018, un incendie affectant le centre du parc national Kootenay a occasionné la fermeture de la route Banff-Windermere, interdisant de facto l'accès au parc pour 24 heures au mois d'Août. Un visiteur averti doit donc tenir compte de ce paramètre qui peut le contraindre à se dérouter et à changer ses plans de voyage en dernière minute quand il planifie ses visites durant ce qu'il convient dorénavant d'appeler la "saison des feux" de la fin de l'été (principalement au mois d'Août).

Les incendies sont des processus naturels dans l'écosystème de la forêt de conifères des Rocheuses, mais un grand incendie demande des mesures de sécurité, la fermeture d'étendues plus ou moins vastes des parcs, et une surveillance vigilante par les rangers et les pompiers en vue de protéger les infrastructures de l'avant-pays touristique des parcs. Le feu a été contenu et s'est éteint après deux semaines d'activité. C'est pourquoi les randonneurs doivent être particulièrement vigilants alors qu'ils préparent une longue randonnée dans l'arrière pays, et ne doivent en aucun cas s'aventurer dans un secteur fermé des parcs en raison du danger des incendies. 

 

Bien organiser la visite des Rocheuses canadiennes

 

Les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes sont l'apogée et le but essentiel de votre voyage dans l'Ouest canadien. Il faut leur consacrer au moins une semaine de visite, davantage pour randonner. Les entrées dans les réserves de Parcs Canada étant à la journée et par personne, je rappelle que le passeport individuel annuel de Parcs Canada est amorti en une semaine dans les parcs des Rocheuses.

La région est très étendue, 400 km séparent l'entrée du parc national de Banff près de Canmore du centre de découverte de la Colombie Britannique au pied du Mt Robson. Sa visite demande plusieurs journées. La plupart des guides de voyage recommandent un séjour d'une semaine au minimum, mais 2 semaines sont une durée plus confortable pour découvrir la région. Je recommande 10 jours pour ma part, sachant que la météo est un paramètre important dans la région.

Contrairement aux idées reçues, les étés sont chauds à Banff (alt. 1380 m) comme à Jasper (alt. 1060 m).
Les moyennes des après-midi sont de +22,1°C en Juillet à Jasper et +21,6°C à Banff, plus haute en altitude. Le record de température enregistré dans la période 1981-2010 est de +37°C à Jasper et +36°C à Banff.
Comme souvent en montagne, les nuits sont fraîches, en moyenne +7°C à Banff, +8°C à Jasper au mois de juillet, mais il peut arriver qu'il gèle. Bien qu'exceptionnelle, la neige n'est pas impossible dans les parcs nationaux des Rocheuses Canadiennes en Juillet et en Août, surtout au-dessus de 2000 mètres d'altitude.
Le taux d'ensoleillement est de l'ordre de 50% à Banff et Jasper en juillet et août, à la haute saison des visites. La durée du jour est de plus de 16 heures en juillet à Jasper à proximité du 53e parallèle nord, un peu moins à Banff sur le 51e parallèle. On compte en moyenne 14 journées avec des précipitations en juillet et en août à Jasper et à Banff, mais  il s'agit souvent de brefs orages en après-midi ou en soirée. Il arrive pourtant que le temps soit couvert et froid. Sur la durée de notre séjour en 2016 (9 journées), nous en avons eu une journée froide et pluvieuse, et une autre au temps variable et plutôt couvert avec des averses.

  source J.M. Zaninetti, 2016

Les sept autres journées ont été à dominante ensoleillée, avec une chaleur modérée par l'altitude.

L'hébergement est un problème quand on visite les parcs nationaux des Rocheuses canadiennes. Les localités historiques de Banff et Jasper sont à l'origine des deux grands parcs nationaux de l'Alberta, créés respectivement en 1885 et en 1907. Ces deux villes sont exclusivement dédiées à l'accueil des visiteurs. Pour autant, et c'est mon ressenti, l'hospitalité n'y est pas débordante. On ressent une froideur et un snobisme ambiant qui toise de haut les voyageurs indépendants à petit budget dont nous faisons partie. L'offre d'hébergement y est abondante, mais elle est soit rudimentaire _les chambres chez l'habitant à Jasper "bed only" par exemple_, soit les tarifs sont exorbitants comme dans les grands hôtels et les lodges historiques.
la distance qui sépare Banff de Jasper est telle qu'il faut séjourner au moins à deux endroits distincts, un au sud, un au nord, si ce n'est faire de l'itinérance.



Du côte de Banff, l'offre d'hébergement est abondante et assez répartie. Pour ceux qui logent en hôtel, on peut choisir de résider en-dehors des limites du parc national à Canmore plutôt qu'à Banff pour réduire les frais. D'autres choisissent de résider directement dans le village de  Lake Louise pour être au cœur de l'action. Je recommande cela aux randonneurs sérieux qui veulent partir pour des courses en montagne à la journée autour des lacs Louise et Moraine, pour lesquelles il est indispensable d'être prêts tôt le matin. En contrepartie, l'hébergement est aussi cher à Lake Louise qu'à Banff, voire même un peu plus.

En dehors de ces trois localités, on trouve aussi des lodges isolés sur certains sites remarquables. Certains sont très onéreux, comme le Moraine Lake Lodge, le Num-Ti-Jah Lodge sur le lac Bow. Pour le parc national Yoho,  on trouve dans cette catégorie le Emerald Lake Lodge ou encore le O'Hara Lodge, où résider 2 nuits consécutives est une obligation, et où la chambre est louée à $600 CAD par nuit, sans aucun repas compris. D'autres sont plus abordables, comme The Crossing Resort à Saskatchewan Crossing, ou le Johnston Canyon Lodge et les Castle Mountain Chalets le long de la Promenade de la vallée Bow, ou encore le Kootenay Park Lodge à Vermillion Crossing et le Great Divide Lodge au col Kicking Horse. En contrepartie, ces établissements sont relativement vieillots. On trouve quelques vrais B&B à Banff et à Field. Plus spartiates, des auberges de jeunesse rustiques ponctuent les chemins de grande randonnée. Le camping est favorisé, mais la plupart des campings sont primitifs, et celui qui veut bénéficier du confort d'un véhicule de loisir doit acquitter une redevance qui n'est pas modeste et les places sont chères dans les limites des parcs, il faut réserver des mois à l'avance.

Le choix est plus abondant et de meilleure qualité en-dehors des limites des parcs nationaux. trois villes-portes retiennent notre attention, Golden et Radium Hot Springs en Colombie Britannique sont respectivement aux portes des parc nationaux Yoho et Kootenay. Nous avons trouvé dans ces deux villes des hébergements très décents à des rapports qualité-prix excellents. Golden souffre d'une situation un peu excentrée et du trafic intense et dangereux de poids-lourds sur la route Trans-Canadienne dans la traversée du parc national Yoho, mais offre en contrepartie de très bons hôtels et des services de bon niveau (ex. un excellent supermarché pour s'approvisionner). 
Radium Hot Springs nous semble idéalement situé pour une étape de quelques jours, le parc national Kootenay et les Radium Hot Springs pools sont juste à côté et la route Banff - Windermere qui traverse ce parc national est la moins fréquenté et la plus agréable de la partie sud des parcs des Rocheuses canadiennes.

source J.M. Zaninetti, 2016



Canmore est une destination très prisée du côté Albertain des parcs. 

source J.M. Zaninetti, 2016

La station est visiblement suffisamment appréciée par les visiteurs américains et canadiens pour qu'Andrew Hempstead, un spécialiste réputé des Rocheuses Canadiennes, lui consacre un chapitre de 20 pages à elle-seule dans le guide Moon "Canadian Rockies" (anglais, non traduit) qu'il a rédigé en 2015.






Le choix d'hébergement est encore plus restreint du côté de Jasper. Hormis les chambres en sous-sol chez l'habitant, les hébergements sont soit dispendieux, soit vieillots à Jasper même où se concentre l'essentiel de l'offre. On trouve quelques options en dehors, comme le Sunwapta Falls Lodge, le Miette Hot Springs Resort ou les Pocahontas Bungalows, mais le rapport qualité - prix n'est pas avantageux. Comme à Banff, on trouve de meilleures options d'hébergement en-dehors des limites du parc national. Le meilleur choix est, à mon sens, Hinton, à 80 km au nord-est de Jasper sur la Trans-Canadienne Est en direction d'Edmonton. On trouve de nombreux hôtels confortables et modernes, ainsi que tous les services requis pour un séjour touristique dont deux supermarchés. Les prix sont très modérés, le rapport qualité - prix irréprochable. Toutefois, il y a une heure de route à prévoir entre Hinton et Jasper et les journées d'excursion dans le parc national s'en voient fortement rallongées. Encore une fois, il faut faire un arbitrage. Soit on est un randonneur sérieux, et on a besoin d'être prêt tôt le matin pour une randonnée à la journée. Dans ce cas, je recommande de dormir à Jasper pour réduire au minimum les temps de route. Notez que cela vaut pour les randonnées de la partie centrale du parc national, pas pour celles qui se situent autour du Champ de Glace et du Col Sunwapta au sud du parc, qui se trouvent à 1h30 de route de Jasper. Pour ces randonnées, il faut camper ou dormir dans les auberges de jeunesse rustiques les plus proches (Beauty Creek, Rampant Creek), ou encore à Saskatchewan Crossing, dans le parc national de Banff, qui n'est qu'à 3/4 d'heure de route seulement du Champ de Glace.

source J.M. Zaninetti, 2016

La Traverse Saskatchewan est aussi un camp de base pour explorer la Route David Thompson à l'est.


Alternativement, si l'on est en fond, on peut loger sur place au Glacier View Inn, mais le prix d'une chambre dépasse $300 CAD la nuit.

source J.M. Zaninetti, 2016



Articles consacrés aux parcs classés Patrimoine de l'UNESCO

 

Banff

Promenade des Glaciers

Jasper

Yoho

Kootenay

Mt Robson