vendredi 3 novembre 2017

San Francisco

La fenêtre des États-Unis sur le Pacifique

3 étoiles, vaut le voyage

 

Sites présentés dans cet article


San Francisco
Golden Gate Bridge
Golden Gate National Recreation Area - Marin Headlands
Sausalito
Muir Woods National Monument
Oakland
Berkeley


Le célèbre Pont du Golden Gate, icône de San Francisco


Ambiance 1 :  Good Vibrations The Beach Boys, 1966


Couvrant une superficie de plus de 1,000 km² dans sa définition la plus restreinte, 4,000 km² dans sa définition la plus extensive, la baie de San Francisco échancre profondément la côte Pacifique de l'Amérique du Nord, formant une rade naturelle d'une importance stratégique, abritée des tempêtes du large au-delà de l'étroit chenal de la Porte Dorée (Golden Gate). Cette baie ne pouvait pas ne pas abriter un jour une grande métropole au rayonnement international.


Pourtant,  cette baie exceptionnelle échappa longtemps aux explorateurs européens, dissimulée par les épais brouillards du Pacifique. Un navigateur espagnol s'y engage en 1602, mais il se trompe sur sa localisation et elle n'est finalement "redécouverte" qu'en 1775 par Juan Manuel de Alaya. La première colonie européenne y est fondée l'année suivante, année de la déclaration d'indépendance des États-Unis sur la côte Atlantique. Mais à plus de 4,500 kilomètres de distance, il n'est encore pas question de colons Yankee et les premiers colons du village de Yerba Buena sont des mexicains au service de Sa Majesté Très Catholique.

San Francisco est une ville mythique, sans doute la 2e ville la plus célèbre des États-Unis d'Amérique après New York. Elle est au centre de la région métropolitaine polycentrique San Jose - San Francisco - Oakland, un ensemble urbanisé de 8,75 millions d'habitants en 2015 qui est au cœur de l'industrie mondiale des technologies de l'information et de la communication.
Mais ce n'est pas pour sa puissance économique que San Francisco attire des visiteurs du monde entier.


Tennessee Williams (1911-1983), célèbre dramaturge du Sud, auteur entre autres pièces de "Un Tramway nommé désir", a écrit “America has only three cities: New York, San Francisco, and New Orleans. Everywhere else is Cleveland.”
Donc San Francisco est l'une des trois seules villes véritables de cet état-continent, c'est à dire une ville avec un âme, une culture et une ambiance qui lui soit propre. San Francisco est une ville singulière dans le contexte américain, elle a sa propre atmosphère, elle a créé sa propre culture et elle dégage un charme indéniable.



Les fameux "Wow Legs" près de l'intersection Haight-Ashbury.

San Francisco est qualifiée de "capitale mondiale de la fantaisie et de l'originalité" par le guide Lonely Planet. Libérale, libertaire et libertarienne, San Francisco est la ville la plus tolérante des États-Unis et ne ressemble pas du tout au reste du pays en ce sens. C'est une destination de voyage en soi, et elle peut constituer pour certains le but essentiel d'un voyage en Californie. La ville du Flower Power dégage définitivement de bonnes vibrations.

Comprendre San Francisco


Construite sur la péninsule qui ferme l'entrée méridionale de la baie du même nom, la ville de San Francisco a une géographie étonnante. Lorsque les ingénieurs ont dessiné le plan des rues de San Francisco, ils ont appliqué le quadrillage du plan hippodamien orienté suivant les points cardinaux. Ce plan s'est imposé dans les plaines de la côte est au début du 18e siècle. Il a été transposé à San Francisco comme dans toutes les villes américaines sans tenir aucun compte du relief compliqué de la péninsule. La péninsule compte 43 collines dont l'altitude, dans les limites municipales, culmine à 280 mètres à Twin Peaks.
Les avenues sont orientées nord-sud et les rues est-ouest et se recoupent à angle droit dans les quartiers nord-est de la péninsule, les plus anciens de la ville américaine fondée en 1847. Ainsi, les rues montent et descendent parfois de manière abrupte le flanc escarpé des collines. C'est l'origine du Cable Car, un mode original de traction des voitures de tram imaginé pour des raisons de sécurité.




Toutefois, il existe un quartier qui fait exception à cette règle. Le plan aligné sur les points cardinaux est rompu par une grande artère diagonale.



Market Street est l'artère centrale de la ville. Ce grand axe traverse la ville du nord-est (devant le bâtiment du terminal des ferries sur le port historique) jusqu'à la colline de Twin Peaks
En fait, ce n'est pas Market Street qui est à l'origine de cette orientation, mais Mission Street, la seule route qui préexistait à la colonisation américaine et reliait le port de Yerba Buena à la mission de San Francisco de Asis pendant la période colonial.
Au sud de Market Street (SoMa), les rues suivent aussi une trame orthogonale, mais orientée par rapport à cet axe. Toutefois, la trame nord-sud / est-ouest l'emporte finalement à l'ouest de Van Ness Avenue et au sud de la 14e rue. 
Columbus Avenue dessine une autre diagonale au nord-ouest, mais celle-ci traverse le quartier de North Beach sans altérer la trame orthogonale des autres rues qui suivent les points cardinaux.



Le climat de San Francisco est aussi atypique que sa géographie.
Une autre citation célèbre concernant San Francisco a été faussement attribuée au célèbre journaliste et écrivain du 19e siècle Mark Twain:“The coldest winter I ever spent was a summer in San Francisco.” Quoi que Samuel Clemens ait séjourné à San Francisco, où il a exercé son métier de journaliste par intermittence de 1864 à 1870 avant de repartir dans l'Est, il n'a pas écrit cela. Pourtant, ce trait d'humour (paru en 1949 dans un dictionnaire de bons mots) recouvre une réalité ; il peut faire froid en plein été à San Francisco, en particulier lorsque la brume de mer envahit la ville. Le climat océanique de la péninsule assure une climatisation permanente à San Francisco, où il ne fait jamais vraiment très chaud. Même en plein été par une journée ensoleillée, il peut même faire frisquet en plein mois de Juillet.

San Francisco se visite en toutes saisons. L'année se divise en deux moitiés, la saison des pluies débute fin octobre et s'étend jusqu'à début avril. L'hiver est la saison des pluies, il ne fait pas vraiment froid, avec des minimas nocturnes en moyenne de +7°C en décembre et janvier, mais c'est la saison la moins touristique en raison de la nébulosité et des pluies qui surviennent un jour sur trois en moyenne. La saison sèche s'étend d'Avril à Octobre, c'est la haute saison des visites. Il ne pleut pratiquement jamais, 70% à 80% des journées sont ensoleillées, même si l'été (juillet-août) est célèbre pour ses brouillards côtiers imprévisibles, mais généralement matinaux. Le mois de Septembre est le plus chaud de l'année (+22°C en moyenne l'après-midi), ce qui reste très tempéré. La plupart des guides recommandent donc le mois de Septembre pour visiter San Francisco, mais il faut disposer de congés à cette période de l'année.  

Le climat de San Francisco est qualifié de "méditerranéen", mais l'analogie est imparfaite, je dirai plutôt que c'est un climat à tendance "méditerranéenne" par son régime pluviométrique, mais sans la chaleur. Les eaux de l'océan Pacifique sont froides (+13°C en Juillet en moyenne), de sorte que l'océan agit comme un climatiseur à ciel ouvert pour les villes du littoral. San Francisco n'est pas une destination balnéaire, bien que l'on trouve quelques surfeurs en combinaisons sur les plages de l'ouest de la péninsule qui font face au grand large.



L'histoire de San Francisco est courte, mais mouvementée. La puissance coloniale espagnole fortifie la péninsule pour affirmer son autorité aux marges extrêmes de la Nouvelle Espagne en 1776, une mission franciscaine est fondée la même année. Cette mission (très remaniée) existe toujours, et a donné son nom à l'un des quartiers de la ville, Mission.
En 1846, les Yankees débarquent dans le port de Yerba Buena qu'ils rebaptisent San Francisco. La découverte de l'or sur les contreforts de la Sierra Nevada en janvier 1848 suscite une ruée vers l'or qui transforme San Francisco en un port très actif. Une municipalité est fondée dès 1850, année où l'on recense déjà 34,000 habitants. Lancée par la grande ruée vers l'or de Californie, San Francisco est restée une ville de "ruées vers l'or" symboliques. Après les mines d'or, les transports et les communications prennent le relais, valorisant la situation stratégique de la Baie. En 1861, la première compagnie de télégraphe relie San Francisco à l'Est par la voie terrestre. La construction de la ligne de chemin de fer transcontinentale commence en 1863 au départ de Sacramento, car la ville de San Francisco s'oppose dans un premier temps au projet d'une ligne de chemin de fer transcontinentale dont ils redoutent la concurrence. Finalement,  le chemin de fer dessert Oakland sur la rive orientale de la Baie de San Francisco en 1869, année où se réalise également la jonction des équipes de chantier parties de Sacramento et de Chicago dans l'Utah. Les craintes des édiles de San Francisco se révèlent infondées et le train renforce l'activité du port au lieu de la concurrencer. En 1873 la ville inaugure sa première ligne de tramway tracté par câble (Cable Car).



Le boom de San Francisco survit à la ruée vers l'or du fait de sa situation stratégique et de son dynamisme portuaire. Le premier tramway à traction électrique est inauguré en 1892. La population dépasse 340,000 habitants en 1900. Cet essor est contrarié par le grand séisme du 18 avril 1906, qui détruit presque toute la ville (80%) avec de violents incendies alimentés par la rupture des canalisations de distribution de gaz de ville. La catastrophe fait 3,000 victimes.
La reconstruction est rapide. Elle est largement achevée en 1915, quand une exposition internationale est organisée dans la ville pour célébrer l'ouverture du Canal de Panama (1914) qui réduit le trajet maritime de New York à San Francisco de 28,000 à 11,000 km seulement. La même année, le premier appel téléphonique transcontinental est rendu possible entre San Francisco et New York.
Les banques de San Francisco réussissent à traverser la Crise de 1929 et la Grande Dépression de la décennie suivante sans faire faillite. Symbole de San Francisco, le pont du Golden Gate Bridge, long de 2,7 kilomètres, unit les deux rives du détroit d'entrée de la baie à partir de 1937. De 1942 à 1945, la Guerre du Pacifique provoque un boom des chantiers navals et fait de San Francisco le premier port d'embarquement des marins américains. Après la guerre, de nombreux vétérans reviennent à San Francisco et décident de s'y établir. La Guerre de Corée et la Guerre Froide créent de nouvelles opportunités. L'ensemble de la région de la Baie de San Francisco s'urbanise et s'industrialise à partir des années 1940. L'épicentre d'une nouvelle révolution industrielle bouillonne à quelques dizaines de kilomètres au sud de San Francisco autour du campus universitaire de Stanford dans les années 1950. Pour des raisons stratégiques, les autorités fédérales commencent à financer les recherches informatiques. Ces investissements militaires pavent le chemin à la révolution des technologies de l'information et de la communication qui ont fait le succès de la Silicon Valley.




Pendant ce temps là, avec de nouvelles techniques de construction parasismique, San Francisco construit ses premiers gratte-ciel. Inaugurée en 1972, la tour "pyramide" de la Transamerica est restée longtemps son immeuble le plus haut (260 m) et un symbole de la ville très reconnaissable. 



Elle sera prochainement surpassée par la Salesforce Tower en construction dans le Financial District à l'intersection de Mission St. et de Fremont St.. Cette tour de 326 mètres de haut est le building le plus haut de l'Ouest Américain.


 City Lights Books (261 Columbus Ave.), librairie fondée en 1953, éditeur depuis 1955 foyer de diffusion des ouvrages de la contre-culture depuis la publication controversée des poèmes d'Allen Ginsberg en 1956.

Tandis que San Francisco se prépare à devenir le berceau de la 3e révolution industrielle, elle devient le foyer de la contre-culture. Le mouvement beatnik naquit en 1955 dans le quartier italien de North Beach. San Francisco devient le but de voyage des auteurs de cette contre-culture (Kerouac). Ce courant littéraire bohème ouvre la voie aux manifestations estudiantines contre la guerre du Vietnam dont l'université de Berkeley, située à 31 km de San Francisco à l'est de la baie, devient le foyer de protestation le plus virulent. A son apogée lors du Summer of Love en 1967, le mouvement hippie s'est propagé dans le monde entier.
 



En 1972 se tient la première San Francisco Parade qui lance le mouvement gay aux États-Unis. Le quartier de Castro devient un village gay. Le conseiller Harvey Milk, élu sur une plateforme communautaire conseiller à la ville, est assassiné en même temps que le maire George Moscone, en 1978.
En 1989, le séisme de Loma Prieta, dont l'épicentre se situe au sud de la ville dans la région de Santa Cruz, endommage de nombreux bâtiments et provoque en particulier l'effondrement meurtrier de l'autoroute à étages Nimitz à Oakland. San Francisco est bordée au sud et à l'ouest par la faille de San Andreas, une faille transformante majeure qui traverse tout le sud-ouest de la Californie et sépare la plaque Amérique de la plaque Pacifique. C'est cette faille dont les décrochages périodiques ont causé les séismes de 1906 et de 1989. Dans l'état des connaissances actuelles, un séisme majeur (magnitude > 6,7 sur l'échelle de Richter) a en moyenne 1 chance sur 3 de survenir à nouveau dans les 30 prochaines années le long de cette même faille. Le risque est équivalent le long de la faille d'Hayward qui traverse les villes de l'est de la Baie, et traverse en particulier le stade de l'université Berkeley !

L'informatique est à l'origine d'une nouvelle ruée vers l'or dans la région de la Baie de San Francisco. Les entrepreneurs de la Net Economy s'enrichissent démesurément, provoquant un embourgeoisement sans précédent de San Francisco et de sa région métropolitaine. La ville de San Francisco (805,000 habitants en 2010 sur son territoire municipal de 600 km²) est devenue la plus chère du monde. Un temps calmée par l'éclatement de la bulle internet de 2001, la ruée vers l'or est relancée depuis le début du siècle par l'essor des réseaux sociaux tels que Facebook et le triomphe planétaire des géants de la Silicon Valley tels que Google

Se balader dans San Francisco


Il serait possible de séjourner des mois à San Francisco et avoir encore quelque chose de nouveau à y découvrir, tout itinéraire de découverte de la ville est un choix à faire, et choisir, c'est renoncer. L'itinéraire suivant est faisable en 2 jours (3 nuits) en centre-ville avec les transports en commun (avec notamment des permis individuels à la journée pour emprunter les fameux tramways de San Francisco.




Le cable car est une attraction en soi à San Francisco. C'est l'une des seules grandes villes américaines à ne pas avoir démantelé son réseau dans les années 1930-1940. En effet, le réseau de tramway urbain a été consubstantiel à l'expansion des grandes métropoles américaines à la fin du 19e siècle. Jusqu'aux années 1880, les premiers tramways à chevaux ont sillonné les rues des villes américaines. L'allongement des lignes permettait la construction de maisons de banlieue. Après la Guerre de Sécession, les premières tentatives de mécanisation sont introduites ici et là. San Francisco est le cadre de l'expérimentation du tramway à traction par câble (cable car) en 1873. Ce système sécurise les voitures sur les fortes pentes des collines de la ville. Rénové, électrifié, le système fonctionne toujours. 




Les tramways de San Francisco ne fonctionnent pas tous par ce mécanisme, on trouve aussi des tramways à moteur électrique depuis 1892 dans les sections plus plates de la ville, ce qui permet de mettre de plus grandes voitures et de transporter ainsi davantage de passagers. Alors que les grandes villes américaines ont connu un boom des tramways dans la période 1890-1930, la Grande Dépression accule un peu partout les compagnies de tramways à la faillite dans les années 1930 alors que la possession des voitures individuelles se démocratise. La multiplication des accidents entre tramways et automobilistes et le lobbying des constructeurs automobiles poussent alors la plupart des villes américaines à démanteler leur réseau de tramway et le remplacer par une desserte en autocar. En 1960, la plupart des réseaux de tramways avaient disparu des rues des villes américaines, à l'exception d'une poignée de villes singulières telles que San Francisco. Celle-ci a racheté de vieilles voitures à d'autres villes, les a restauré et mis en service sur son réseau qui est ainsi devenu un musée à ciel ouvert de l'histoire du transport ferroviaire urbain aux États-Unis. 




Notre itinéraire de découverte commence le matin sur le port, au Ferry Building, inauguré en 1898, c'était la porte d'entrée des passagers descendant des navires accostant sur les quais de la ville au 19e siècle. 
Le port a aujourd'hui déserté le centre-ville et les quartiers alentours se sont hérissés des gratte-ciels du Financial District. Cette partie de la ville ressemble tout de même un peu à n'importe quelle grande métropole américaine.




Quand on emprunte Columbus Avenue, la diagonale qui conduit vers le nord-ouest, on passe au numéro 261 devant la célèbre librairie City Lights. De là, on se dirige vers le Quartier de North Beach dont les petits immeubles sans charme remplacent les tours quand on s'éloigne du centre.



Un des points de vue iconiques de San Francisco se situe sur le versant est de Russian Hill. C'est la rue en zigzag de Lombard Street et ses massifs floraux qui attirent les foules. La bousculade est garantie et la procession des voitures qui descendent cette rue en sens unique est assez ridicule.



Située à l'ouest de Russian Hill, la silhouette phallique de la Coit Tower (hauteur 65 m) suscite notre curiosité. Cette tour de béton de style Art Deco a été érigée à la gloire des pompiers (sic!) et inauguré en 1934. Au sommet de la tour, une plateforme d'observation offre des vues à 360° qui permettent en particulier d'observer tous les quais historiques de la ville qui bordent la péninsule au nord et à l'est.

Si l'on suit Columbus Avenue jusqu'à la fin,  on arrive enfin au Parc National Maritime Historique de San Francisco
 Je recommande particulièrement cette visite.


Le grand trois mâts à coque métallique visible à l'arrière plan est le Balclutha (1886). C'est le genre de navire qui ralliait New York à San Francisco par la longue et dangereuse route du Cap Horn avant le percement du Canal de Panama (1914).

Ce parc est administré par le National Park Service et il est possible d'y accéder avec le laisser-passer annuel America The Beautiful, ou de l'y acheter. Depuis l'entrée du San Carlos dans la baie en 1775, l'histoire de San Francisco est indissociable de la mer.
Le parc national historique célèbre cette histoire maritime et préserve une collection de navire remarquables, allant des grands voiliers qui doublaient le Cap Horn au 19e siècle aux navires de guerre de la Seconde Guerre Mondiale.




Depuis le parc, on a une vue sur la fameuse île d'Alcatraz (pas visitée), une forteresse transformée en prison en 1937 qui a "hébergé" dans son pénitencier des hôtes aussi célèbres qu'Al Capone. C'est l'une des attractions phares de San Francisco (pas testée). Il faut réserver son ferry longtemps à l'avance.

Les quais du parc national historique sont très étendus et offrent des vues saisissantes sur la ville. Il convient, à la fin de la visite, d'aller au bout de la jetée municipale qui termine Van Ness Avenue et offre une vue d'ensemble sur le parc et la ville en arrière plan.



Après la visite du parc national, la promenade peut se diriger vers Fisherman Wharf et le Pier 39, épicentre de l'animation sur le port de San Francisco. Le Quai 39 est un centre commercial où l'on mange et se divertit. 



Les pontons du quai sont connus pour avoir été colonisés par des lions de mer qui y prennent le soleil, indifférents à l'animation voisine.



Une fois restaurés, il est temps de retourner dans le centre-ville et de jeter un coup d’œil à Chinatown. San Francisco est la plus grande et la plus ancienne ville chinoise des États-Unis. Les premiers immigrants chinois arrivèrent dès la ruée vers l'or de 1848. Les travailleurs chinois devinrent indispensables à la construction du chemin de fer dans les années 1860, et un quartier chinois surpeuplé se développa sur les pentes méridionales de Nob Hill. En dépit d'une discrimination de plus en plus dure et des tentatives de chasser ces immigrés jugés indésirables du sol américain à partir des années 1880, le ghetto survécut à toutes les vicissitudes. Le quartier actuel a été reconstruit après les destructions de 1906. La Chinese Historical Society of America tient un musée remarquable au 965 Clay Street consacré à la présence chinoise dans l'Ouest Américain. Celui-ci est proche d'un musée consacré au Cable car (1201 Mason St). Il n'est pas possible en une seule journée de visiter tous les musées de San Francisco, la ville en compte près de 50. Il faut faire des choix sélectifs en fonction de ses centres d'intérêt, l'offre est extrêmement diverse. La porte de Chinatown n'a été construite qu'en 1970. La sentence suspendue sous le porche est une citation du Dr. Sun Yat Sen, le père fondateur de la République en Chine, très vénéré des sino-américains qui sont par ailleurs, très méfiants envers le régime communiste de Pékin.




Le quartier chinois est proche du Civic Center où notre balade dans le centre-ville se termine devant la façade néo-classique grandiose de l'hôtel de ville. Un premier hôtel de ville, achevé en 1899, a été détruit dans le séisme de 1906. L'hôtel de ville actuel a été reconstruit entre 1913 et 1915.



Ambiance 2 : San Francisco - Scott McKenzie, 1967 

Une seconde journée de visite commence par le parc du Presidio. Bien qu'elle soit devenue la capitale du pacifisme aux États-Unis, la ville de San Francisco a une vocation militaire de longue date induite par sa situation stratégique. Dès 1776, les autorités coloniales établissent un fort sur la colline qui surveille le point le plus étroit du détroit d'accès à la Baie de San Francisco. Ce Presidio est occupé sans combat par les Yankees dès 1846. L'armée s'installe en 1848. Différentes installations fortifiées sont construites sur le site qui est finalement démilitarisé en 1994 et converti en parc national historique. Ceci permet aux visiteurs de s'approcher du pied du Pont du Golden Gate.



Fort Point National Historic Site au pied du Golden Gate Bridge

Ce monument emblématique est sans doute aussi célèbre que la Statue de la Liberté. Il symbolise à la fois San Francisco, la Californie et les États-Unis d'Amérique. D'une longueur totale de 2,7 km, ce pont est l'une des plus belles réalisations des ingénieurs américains dans les années 1930. Le projet remonte à 1916, et l'ingénieur de Chicago, spécialiste des ponts, Joseph Strauss y travaille dès 1919. Mais le projet est semé d'embûches. Il faut franchir un bras de mer, le détroit du Golden Gate, large de 1,75 km et d'une profondeur de 100 mètres. Le détroit est traversé par de puissants courants tourbillonnants, il est hors de question de construire de nombreuses arches, et il faut laisser passer les bateaux les plus gros. Le projet d'un pont suspendu porté par deux tours monumentales s'impose, mais son coût de construction est estimé à 25 millions de dollars par son concepteur qui présente ses plans en 1929 à la veille du krach financier de Wall Street. La ville est déjà très endettée, les financements ne sont pas rassemblés avant que les électeurs n'approuvent l'émission d'un emprunt de 35 millions de dollars par un vote organisé en novembre 1930. L'état fédéral intervient dans le projet avec l'administration Roosevelt et les travaux commencent sous la houlette de Public Work Administration en 1933. La première tour (culminant à 230 mètres de haut) fut particulièrement difficile à construire car elle repose sur le fond marin. Les deux tours sont achevées en 1935, ce qui permet de construire enfin le tablier du pont, de près de 2 km de long et culminant à 68 mètres au-dessus de la surface de la mer de façon à ne pas perturber la circulation des grands navires. La construction est un tour de force aux limites des compétences d'ingénierie de l'époque. Elle s'achève en 1937 et l'ouvrage d'art, le plus long pont du monde à cette époque, est inauguré le 27 mai 1937. La structure en acier est peinte en orange pour faciliter sa visibilité des navires, y compris par temps de brouillard.



Le Palais des Beaux Arts est un vestige de la foire exposition Panama-Pacifique de 1915 situé non loin du pont du Golden Gate. Cette fausse ruine romaine n'était pas destinée à durer, mais la ville l'a reconstruire en béton dans les années 1970 et elle abrite une salle de spectacle dépendant du musée des beaux arts de la ville San Francisco.




Le quartier de Vista del Mar à l'ouest offre un beau point de vue sur le pont du Golden Gate



Le Palais de la Légion d'Honneur se trouve au sommet d'une colline de 112 mètres d'altitude qui surplombe la mer au milieu du Lincoln Park. Ce parc public de 40 hectares a été aménagé en 1909. Le palais de la légion d'Honneur de Californie a été construit là avec le financement de la bienfaitrice Alma Spreckels, épouse d'un magnat de l'industrie du sucre. Le bâtiment est la restitution exacte du pavillon français de l'exposition de 1915 en style classique du 18e siècle. Offert à la ville en 1924, le pavillon est devenu un musée abritant les collections d'art européen, en en particulier français, du musée municipal des beaux arts de San Francisco.




Il ne faut pas quitter San Francisco sans avoir visité le Golden Gate Park qui mérite une longue visite.
Dès les années 1860, les édiles de San Francisco forment le projet de créer un grand parc urbain qui puisse rivaliser avec l'aménagement de Central Park à New York City. Un immense terrain est réservé à l'ouest de la ville sur 9 blocs de large du nord au sud (environ 800 mètres) et 5 kilomètres de long en descendant de Haight-Ashbury vers l'Océan Pacifique. L'ensemble forme un parc urbain de 412 hectares qui est aménagé effectivement à partir de 1871 sous la direction de John McLaren, et non de Olmsted, le concepteur de Central Park comme on le lit parfois. Ce dernier n'est jamais venu en Californie et a fait toute sa carrière dans l'Est. Durant les premières décennies, l'aménagement du parc a principalement consisté à planter des arbres pour stabiliser les dunes qui recouvraient initialement les 3/4 de la superficie dédiée au parc. 



Inaugurée en 1879, la serre victorienne du Conservatoire de Fleurs est le plus vieux bâtiment du parc. Avec son dôme culminant à 18 mètres de hauteur, la serre est directement inspirée du modèle de Kew Garden à Londres. Sa structure en bois s'est révélée très résiliente en dépit de deux incendies (1883 et 1918) et des violents séismes qui ont frappé la ville en 1906 et 1989, et a été restaurée soigneusement dans le style d'origine, pour la dernière fois entre 1996 et 2003 avec du bois de Sequoia Sempervirens du littoral de Californie du Nord.


 Le Temple de la Musique a été édifié en 1894 à l'occasion d'une foire-exposition pendant laquelle de nombreux concerts en plein air ont été donnés. L'architecture néo-classique de ce kiosque est caractéristique de son époque. 



La place de la musique où il se trouve est le centre des attractions du parc. Elle est bordée côté nord du Musée De Young (pas visité).
Un premier musée des beaux arts y avait été édifié de 1917 à 1921 en style hispano-mauresque. 



Ce premier musée a été remplacé de 2001 à 2005 par le bâtiment contemporain. Cette structure de cuivre avec sa tour à l'équilibre improbable ont été conçus par les architectes suisses Herzog et Meuron. Le musée abrite les collections permanentes d'arts Américains, Africains et Modernes du Musée des Beaux Arts de la ville de San Francisco, une institution publique.



En face, sur le côté sud de la Place de la Musique, on trouve le musée de l'Académie des Sciences de Californie.  Ce magnifique Museum d'histoire naturelle abrite des collections dédiées à l'environnement et au développement durable. Le bâtiment original du Museum, édifié en 1916 fut sévèrement endommagé par le séisme de 1989.



Entièrement reconstruit en 2008 dans un style futuriste, le bâtiment est célèbre pour sa toiture écologique de 37,000 m² couverte de plantes indigènes de Californie.



Le jardin japonais et sa maison de thé se trouvent un peu plus à l'ouest dans le même secteur du parc. 




Initialement conçu par Makoto Hagiwara pour la foire-exposition de 1894, le Jardin Japonais de San Francisco a été pieusement conservé depuis. C'est le plus vieux jardin japonais des États-Unis, et l'un des deux plus magnifiques avec celui de Portland dans l'Oregon. Mais tandis que le jardin de Portland est de style Zen, celui de San Francisco est directement inspiré du style Shinto de la période Edo (17e siècle).




Les pagodes très ornées et la décoration soignée du jardin transportent les visiteurs sur la rive opposée de l'océan Pacifique.




L'un des clichés les plus célèbres peut être pris l'après-midi sur Alamo Square dans le Quartier de Haight pour ses fameuses Painted Ladies.


 
 Les "Painted Ladies" sont des maisons victoriennes qui ont survécu au grand tremblement de terre et aux incendies de 1906.

San Francisco vaut le voyage, bien que sa visite soit très onéreuse (logement, transports, entrées). Deux journées complètes sont un minimum pour en découvrir l'essentiel, mais les guides recommandent de lui consacrer 4 jours sans compter une journée supplémentaire d'excursion au-delà du Golden Gate Bridge dans le comté de Marin

Golden Gate National Recreation Area





Situé juste en face de la ville sur la rive nord du détroit du Golden Gate, la Golden Gate National Recreation Area a été constituée en 1972 à partir des terrains de forts démilitarisés. Confié à l’administration du National Park Service (NPS), la Golden Gate NRA ajoute une vaste zone de loisirs à disposition des résidents et des visiteurs de San Francisco située juste de l'autre côté du Golden Gate Bridge. Vaste comme 2,5 fois la ville de San Francisco elle-même, c'est le plus grand parc national urbain des États-Unis. Ce parc rassemble des sites localisés à différents endroits. On trouve des sites dans la ville de San Francisco comme le Presidio et l'île d'Alcatraz qui est une des attractions les plus fréquentées de la baie. Dans le comté de Marin, les Marin Headlands avec  leur chaîne de forts et leurs vues magnifiques en font partie, et on y a même annexé le Monument National Muir Woods qui protège une forêt primaire de sequoias sempervirens depuis 1908. Muir Woods se situe à 20 kilomètres au nord du pont du Golden Gate dans une vallée abritée de la péninsule.







 
Les Marin Headlands sont la pièce maîtresse du parc. 




Ils s'étendent sur 8 km d'est en ouest entre la Horseshoe Bay et le Yacht Club de Presidio _ où l'on trouve un musée qui présente entre autre un très beau modèle hydrologique de la baie_ et Point Bonita où se trouve le centre d'orientation du parc et une pointe rocheuse avec son phare. Une route étroite permet de circuler entre les différentes fortifications et d'accéder aux panoramas sur le Golden Gate et San Francisco. Cette route très encombrée est en sens unique d'ouest en est, mais on peut se rendre à Point Bonita par une route plus roulante située dans une vallée située juste au nord qui ne donne pas de vue la mer.




Le site du phare de Point Bonita est grandiose, à visiter de préférence en fin d'après-midi un jour ensoleillé. On y jouit d'une vue lointaine mais magnifique du pont du Golden Gate et de San Francisco en arrière-plan.



Au nord-est des Marin Headlands, donnant sur la baie, la petite ville de Sausalito est célèbre pour ses maisons flottantes, les Houseboats amarrées à ses quais. 




Autrefois refuges de hippies, ces houseboats se vendent à des prix exorbitants et Sausalito est devenue un  nid de riches.





Du fait de sa proximité avec la grande ville, Muir Woods National Monument est le plus visité des parcs qui préservent la forêt primaire du littoral de la Californie du Nord. Comme le site n'est pas très grand, il est un peu bousculé, et il vaut mieux venir tôt le matin pour l'apprécier en paix.




 Le sequoia sempervirens est une espèce endémique de la côte Pacifique de Californie du Nord. Ce sont les arbres les plus haut du monde. On ne trouve pas de sujets de plus de 79 mètres de haut à Muir Wood, mais on a mesuré des sujets pouvant atteindre 115,5 mètres de haut plus au nord dans le parc national dédié à leur protection, Redwood National Park. Très convoités par les bûcherons au 19e siècle, les forêts de sequoias de la côte ont été décimées, et c'est l'action inlassable du célèbre naturaliste californien d'origine écossaise John Muir qui a attiré l'attention du président Theodore Roosevelt sur la nécessité de préserver au moins quelques fragments de la forêt primaire et qui a conduit ce dernier à décréter la protection de ce monument national en 1908. 




Depuis, le monument a été baptisé Muir Wood en l'honneur de celui sans qui cette forêt n'existerait sans doute plus aujourd'hui.




San Francisco est le cœur battant de NorCal (la Californie du Nord), une ville kaléidoscopique qui a façonné l'histoire de la Californie et littéralement inventé le monde contemporain. C'est une destination de voyage indispensable à faire pour elle-même en toutes saisons.

 

Oakland, Berkeley et l'East Bay

 


Oakland skyline by night
source Wikipedia 

Les voyageurs européens ont tendance à négliger les autres villes de la Baie de San Francisco. Pourtant, elles ont leurs propres centres d'intérêt. On se limite dans cet article à présenter Oakland et Berkeley qui dominent l'Est de la Baie. 

Oakland vue depuis Mountain View Cemetery
La Baie et San Francisco sont bien visibles à l'arrière plan depuis cette colline
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Le port d'Oakland
L'un des principaux ports de conteneurs de la côte Pacifique
source Wikipedia 

Federal Realty Building, Oakland (1914)
aussi connu sous le nom de Cathedral Building en raison de sa décoration Art Nouveau
source Wikipedia

Oakland est une grande ville portuaire, siège du comté d'Alameda, la ville compte 420,000 habitants dans ses limites municipales. C'est une ville importante depuis ses débuts en 1860, car la situation péninsulaire de San Francisco a rapidement imposé le développement d'une ville portuaire et ferroviaire indépendante sur la rive orientale de la Baie. Le chemin de fer connecte Oakland à Sacramento en 1869, ce qui renforce l'importance du port d'Oakland. Elle devient une ville de tradition industrielle au voisinage de San Francisco. Aujourd'hui, c'est en train de devenir aussi un deuxième centre d'affaire pour la région de la Baie. 

Kayser Center, Lake Merritt (2012)
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Après avoir été élu maire d'Oakland, Jerry Brown, l'actuel gouverneur de l'état de Californie a lancé une politique de rénovation urbaine qui a métamorphosé le visage de sa ville, avec le nouveau Business District du Lake Merritt

Bay Bridges (2013) _ old and new
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Une certaine gentrification en résulte, encouragée par la rénovation du Bay Bridge (1936). Ruiné par le tremblement de terre de 1989, l'ancien pont était devenu impraticable. Oakland dispose aussi d'une liaison ferroviaire rapide avec San Francisco par la ligne verte du BART.

Voisine au nord-est d'Oakland, Berkeley aurait pu n'être qu'une tranquille banlieue étagée à flanc de colline si elle n'avait pas abrité le campus de l'Université de Californie à Berkeley (UCB). Fondée en 1868, UCB est devenue l'une des universités les plus réputées des États-Unis où l'on enseigne les humanités classiques. Son campus accueille 42,000 étudiants. Même si l'effervescence des années 1960 est retombée, Berkeley reste l'un des épicentres de la gauche intellectuelle aux États-Unis.

UCB tower
source Wikipedia

L'Université dispose d'un de ces superbes campus à l'américaine qui est dominé par son célèbre campanile d'inspiration vénitienne. par certains côtés, le campus rappelle cependant les origines britanniques du système universitaire américain. Toutes les disciplines académiques sont représentées à UCB


Memorial Stadium (2015)
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Détail de la façade, 
le décrochement de la faille est bien visible
source Wikipedia

L'ironie du sort veut que les classes de géologie ont un terrain d'observation directement sur le campus lui-même. La faille Hayward traverse le Memorial Stadium par le milieu, et le décrochement entre les deux parties de l'édifice est déjà visible...

Comme tous les grands campus américains, UCB offre plusieurs musées intéressants, dont :
Berkeley Art Museum
Phoebe Hearst Museum of Anthropology
Sur Centennial Drive, il vaut la peine de visiter l'UC Botanical Garden, ainsi que le  Lawrence Hall of Science et son planétarium.

UCB Rose Garden
source Wikipedia


Lawrence Hall of Science
Source Planetarium Infos

Le site offre un panorama superbe sur la baie. A voir de préférence le matin.

 

Sortir de San Francisco 






En partant de San Francisco, il est possible de rayonner dans toutes les directions. On peut partir à la découverte de la côte nord et de Point Reyes National Seashore, ou bien vers le Wine Country des vallées Napa et Sonoma, en direction de la lointaine Redwood Coast. Au nord-est, on peut se rendre rapidement à Sacramento, capitale de l'état de Californie, à proximité de la région des anciennes mines, le Gold Country du piémont de la Sierra Nevada. Au-delà, le parc national Lassen Volcanic n'est plus très éloigné. On peut aussi emprunter l’autoroute 80 et franchir le Donner Pass en direction du Lac Tahoe et des casinos de Reno dans l'ouest du Nevada. Un peu plus au sud, on peut s'évader en une demi-journée de route vers les parcs nationaux de Yosemite et de Sequoia et Kings Canyon. On peut aussi faire des excursions vers le sud, vers Filoli ou Santa Cruz, Monterey et la Côte de Big Sur, comme vers Pinnacles National Park, les options sont considérables pour organiser son roadtrip à sa convenance en fonction de la saison et de ses préférences.
 

Prolonger le voyage aux environs



Silicon Valley

Sacramento

Wine Country

Point Reyes

Yosemite

Sequoia et Kings Canyon